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 ARTICLE PARU SUR CONTREPOINTS Contrepoints

http://www.contrepoints.org/2015/03/16/200969-laffaire-mathias-picard-leve-le-voile-sur-les-graves-dysfonctionnements-des-caisses-dassurance

Le 16 mars 2015

L’affaire Mathias Picard lève le voile sur les graves dysfonctionnements des caisses d’assurance

Il y a plusieurs mois, Contrepoints vous faisait part du témoignage de Véronique Picard, mère de Mathias Picard, jeune homme de 27 ans décédé en février 2014 d’une insuffisance de soins. M. Picard était en effet insulino-dépendant, et s’était retrouvé pris dans un ubuesque imbroglio administratif, le privant de carte vitale. Mercredi 10 mars s’est tenue une conférence de presse à l’Assemblée Nationale sur ce sujet.

Par PLG

En septembre de 2014, Véronique Picard décide de créer une association, « 24 H vitales », dont le but est de recueillir des témoignages et d’alerter les pouvoirs publics, afin « que personne ne puisse se retrouver plus de 24 heures hors d’un système de protection sociale ». Rapidement, ce sont des centaines de témoignages qui ont afflué, mettant en lumière de graves dysfonctionnements des principales caisses de sécurité sociale (CPAM, LMDE, RSI, etc.).

Mercredi 10 mars s’est tenue à l’Assemblée Nationale une conférence de presse qui a rassemblé les membres de cette association, ainsi que deux parlementaires (M. Jean-Frédéric Poisson, député du Parti chrétien démocrate, et Mme Catherine Procaccia, sénatrice UMP spécialisée dans les problématiques liées au système de protection sociale). Ce fut l’occasion de faire remonter de nombreux témoignages vécus directement par des professionnels de santé et des assurés.

« Un assuré au RSI ? Des emmerdes à coup sûr. »

Parmi les solutions envisagées, la suppression de la spécificité des régimes étudiant, qui seraient rattachés au régime général. Seconde proposition, le rattachement des étudiants aux parents (comme c’est déjà le cas pour les enfants).

logo-v1La première intervention fut celle du député J.-F. Poisson, dénonçant les dérives de certaines caisses, la LMDE pour ne pas la nommer, « au militantisme politique éprouvé » (sur ce sujet, un reportage d’envoyé spécial d’il y a quelques semaines était édifiant). Fustigeant les nombreux dysfonctionnements quotidiens (courriers perdus, retards de paiements, refus sans motifs, absence de réponses aux questions posées, etc.), il rappelle que depuis des années ces informations sont connues des hommes politiques, mais n’entrainent aucune réaction. « Par exemple, Mme Fioraso s’était engagée à avancer l’inscription des étudiants à leur mutuelle au 1er septembre au lieu de la mi-octobre, mais rien n’a été fait. »

Seconde intervention, celle du médecin généraliste Christian Lehmann. Il relève les inégalités de traitement entre régimes, pointant les privilèges de certains régimes spéciaux (EDF, SNCF, parlementaires, etc.) qui sont exonérés de fait des dysfonctionnements relevés.

« Les mutuelles forment un système totalement mafieux, soutenu par l’État. »

Ses mots se font ensuite très durs envers le RSI : « Quand un assuré me tend sa carte vitale et qu’il est affilié au RSI, je sais que je vais avoir des emmerdes. » La gestion de ces patients entraine quasi-systématiquement des difficultés et lenteurs administratives. En définitive, c’est le généraliste qui paie pour les personnes hors parcours classique de soin. « Il existe un véritable vol organisé par les mutuelles, qui forment un système totalement mafieux et qui a le soutien de l’État. »

Il pointe ensuite le fait que l’accès aux soins apparait de plus en plus difficile pour les assurés. Plus grave, il dénonce la connivence manifeste entre la LMDE et le gouvernement. Après avoir écrit un article dans Médiapart pour alerter sur les graves difficultés financières de la LMDE, « comme par hasard trois jours plus tard, un communiqué de Michel Sapin, Marisol Touraine et Benoit Hamon a affirmé qu’il n’y avait aucun problème, et que les assurés pouvaient s’inscrire en toute tranquillité ». M. Lehmann termine son intervention par un lourd sous-entendu : « Certains se nourrissent grassement sur les mutuelles étudiantes. » En clair, une partie de l’argent des mutuelles serait utilisée pour des actions bien différentes.

rené le honzec dysfonctionnements santéSecond témoignage éclairant, celui d’un pharmacien, Patrick Zeitoun. « J’ai fait 11 procès au TASS, tous gagnés, contre les caisses d’assurance, pour des problèmes de remboursement. » Il explique que les caisses rusent pour ne pas rembourser. « On n’y prête pas attention, et pourtant ! Regardez la mention écrite tout en haut de vos feuilles de remboursement : il est mentionné maintenant ‘sous réserve de changement de situation de l’assuré’. En clair, si jamais il y a le moindre changement dans vos informations personnelles, même un simple changement d’adresse, cela peut constituer pour les caisses un moyen de retarder le remboursement voire de ne pas y procéder du tout. En français, on appelle ça un vol. »

Autre élément ubuesque, le traitement administratif des patients est devenu tellement complexe que « les pharmaciens payent des salariés à temps plein pour contacter les caisses, pour vérifier les ouvertures de droit ; des sociétés avec prestataires se sont même créées uniquement dans ce but », preuve qu’il existe un marché de la complexité. « Soyons clairs, je n’envoie plus de courriers simples, car jamais traités ; j’envoie toujours en courrier suivi ce qui coûte plus cher. »

Témoignage après témoignage, les participants interpellent les élus pour qu’ils prennent conscience de l’ampleur du phénomène. Ceux-ci font part de leur étonnement : « Je découvre des problèmes dont je n’avais jamais eu connaissance auparavant », déclare la sénatrice. On peut s’interroger sur la véracité de cette déclaration. Les assurés déclarent leur colère depuis des années, par tous les moyens possibles. En tant que parlementaire spécialiste de ces questions, on peut à notre tour s’étonner de sa méconnaissance du mécontentement grandissant des assurés.

Cette réunion a dans tous les cas permis de préparer une séance de questions au gouvernement, qui s’est tenue jeudi 12 mars, et qui a vu l’intervention du député J.-F. poisson, qui a interpellé Marisol Touraine. Mais la réponse de la ministre n’a vraisemblablement pas du tout convaincu Mme Picard, qui s’est fendue d’une lettre ouverte sur le blog dédié à son fils et son association.

Au-delà de ces situations personnelles, les dysfonctionnements observés montrent qu’il ne s’agit pas d’un simple signe de complexité administrative. La protection sociale française, qui repose sur des principes vieux de près de 60 ans, est totalement sclérosée, symptôme on ne peut plus révélateur des mauvais choix politiques régulièrement dénoncés dans nos colonnes.

Malheureusement les solutions envisagées ne semblent pas s’orienter dans le bon sens. L’idée de mettre les caisses davantage en concurrence pour favoriser l’émergence de meilleures pratiques ne semble même pas effleurer les élus (en tout cas pas publiquement). Fusionner tous les régimes dans le régime général ne fait que repousser le problème.

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ARTICLE PARU SUR LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN Lequotidien

Jeudi 12 mars 2015

Par Coline Garré

Le combat d’une association contre les dysfonctionnements administratifs
Des parlementaires se mobilisent pour un accès rapide aux droits Sécu

Une association sensibilise députés et sénateurs de tous bords afin qu’aucun citoyen ne se retrouve, à la suite d’un changement d’adresse, de statut, ou d’emploi, privé de couverture maladie.
●●L’association 24 heures vitales est née le 30 septembre 2014, et a déjà gagné l’écoute des parlementaires. Sa fondatrice, Véronique Picard, a perdu son fils Mathias en février 2014. Diabétique insulinodépendant depuis l’enfance, il avait été radié de la Sécurité sociale étudiante à la fin de ses études et avait mis 13 mois à réintégrer une caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Treize mois pendant lesquels il peinait à financer son insuline. Il décédait trois jours après avoir reçu sa carte Vitale, à 27 ans, « sans
doute de ce manque de suivi », selon sa mère (« le Quotidien » du 18 septembre
2014).

Vers un régime unique Véronique Picard a reçu des centaines de témoignages, d’étudiants, souvent en fin de droits, d’indépendants, d’expatriés, ou de personnes qui ont déménagé. Son ambition était, à l’origine, de prouver au Défenseur des droits qu’il existait un réel problème de couverture avec le régime étudiant. Face à l’ampleur du phénomène, et parce que des drames semblables à celui qui a emporté Mathias se profilaient, elle a créé 24 heures vitales. L’association réclame que toute personne sans carte Vitale soit reçue sous 48 heures par la CPAM, afin d’avoir une attestation provisoire. Elle demande le rattachement des étudiants au régime général, puis, dans un avenir proche, une Sécu unique, avec des services différents selon les métiers, mais unie par un même service informatique afin que les informations circulent entre CPAM. Son combat fut entendu par le député UMP des Yvelines Jean-Frédéric Poisson. « Je ne sais pas si les étudiants doivent être rattachés au régime général ou à la mutuelle de leurs parents mais il faut trouver une solution pour que ne surviennent plus de drames ! », a-t-il déclaré. La Sénatrice du Val-de-Marne Catherine Procaccia (UMP), auteur d’un rapport parlementaire en 2012 puis d’une proposition de loi supprimant les mutuelles étudiantes, votée au Sénat en novembre 2014 contre l’avis du gouvernement, (non examinée par les députés) soutient également l’association 24 heures vitales. « Sous prétexte qu’il faudrait une autonomie de leur régime, avec des actions spécifiques de prévention, les étudiants sont moins bien couverts ! Mais la première des préventions, c’est d’être soigné et remboursé rapidement!»  dénonce t- elle. « Depuis 2012, rien n’a bougé » déplore-t-elle. Catherine Procaccia s’engage de son côté à porter le sujet au président de la commission des affaires sociales du Sénat, le Dr Alain Milon (UMP).
Pharmaciens et médecins solidaires
La mobilisation contre les dysfonctionnements de la Sécurité sociale dépasse le cénacle des parlementaires. « Quand on voit apparaître « inconnu à la BDO » sur notre lecteur, alors que la personne a sa carte verte et l’attestation papier, on doit bidouiller pour faire valoir ses droits » témoigne le pharmacien Patrick Zeitoun. « Je fais un tiers payant social, à 80 %. Mais quand je vois LMDE ou RSI, je sais que c’est le début des embrouilles.

Les taux de perte des dossiers sont respectivement de 75 % et 25 % », enchérit le Dr Christian Lehmann, généraliste. « Il y a une volonté de la Sécu de ne pas faire avancer les dossiers ! » accuse-t-il. « Le régime général a aussi des problèmes. La carte Vitale ne suffit pas ; il faut aussi que les droits soient ouverts ce qui est normalement obligatoire pour toute personne qui réside en France » enfonce Florence Navattoni du collectif interassociatif sur la santé (CISS, usagers). 24 heures vitales s’est adressée à la CNAM. « Après de long mois, on a été reçu par le cabinet du directeur général. J’ai eu l’impression qu’ils étaient en haut de leur tour d’ivoire et ne se rendaient pas compte du problème », regrette la vice-présidente Béatrice Beugnot.
Coline Garré

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ARTICLE PARU SUR DIABÈTE LIFE

http://diabetelife.fr/radies-de-la-secu-ils-plaident-pour-simplifier-un-systeme-ubuesque/

Le 11 mars 2015

Radiés de la Sécu, ils plaident pour simplifier un système «ubuesque» !

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Diabétique, il s’est privé d’insuline. Récemment opérée d’une tumeur, elle a renoncé aux soins de suite. Des malades ont témoigné mardi de risques encourus parce qu’ils avaient été radiés de la Sécu à la suite d’imbroglios administratifs.

«J’ai commencé à sauter quelques piqûres. Il n’y a pas trop de dégâts apparents, mais ça fait mal à la tête». Dominique, un quinquagénaire souffrant de diabète, a raconté lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale comment il avait diminué ses traitements faute de couverture maladie. Après trois ans au Luxembourg, malgré un statut d’auto-entrepreneur, il n’est jamais parvenu à s’affilier au régime de protection sociale des indépendants (RSI). Au début, il a financé les traitements de sa poche, puis de celle d’un ami. Mais un jour, les sources de financement se sont taries et les injections se sont espacées.

Comme lui, près de 800 personnes ont livré des récits de leurs relations «ubuesques» avec la Sécu à l’association «24 Heures vitales» qui soutient les assurés privés de carte vitale suite à un changement de statut (d’étudiant à salarié, d’indépendant à chômeur…), d’adresse, de perte de papiers ou de simple bug informatique. L’association a mis ces témoignages en ligne et lancé une campagne, soutenue selon elle par des parlementaires UMP, PS et EELV, pour obtenir une «simplification» de l’assurance maladie. «Nous demandons à la Caisse nationale d’assurance maladie (CPAM) que chaque personne sans carte vitale soit reçue personnellement sous 48 heures pour qu’on lui remette une carte provisoire», a déclaré la présidente de l’association Véronique Picard lors du point-presse. «Il faut unifier les différents régimes de couverture sociale, à commencer par le régime étudiant», a ajouté Mme Picard, dont le fils est décédé en février 2014 après un an sans couverture maladie.

Le jeune homme avait été radié de la caisse des étudiants à la fin de son cursus scolaire et avait rencontré de nombreux obstacles dans son inscription au régime général. Insulino-dépendant, il n’avait pas pu être suivi par un diabétologue pendant cette période. Auteur d’une proposition de loi sur le système de sécurité sociale des étudiants, la sénatrice Catherine Procaccia (UMP) a également souhaité le rattachement de ces jeunes à la CPAM ou à leurs parents. «Il faut des décisions pour éviter des drames. C’est une question de vie ou de mort», a renchéri le député Jean-Frédéric Poisson (chrétien-démocrate).

Aline Dhaine, 32 ans, en sait quelque chose. Salariée en Autriche, elle avait dû être opérée d’une tumeur au cerveau. Souffrant d’une embolie pulmonaire après l’intervention, elle avait voulu rentrer en France, où elle s’est retrouvée sans aucun droit. «Pour m’inscrire au régime général, on me demandait de travailler 60 heures, mais j’étais en partie paralysée. Et il faut des mois pour obtenir la CMU», Couverture maladie universelle, a-t-elle expliqué. Faute de moyens, elle a renoncé à des anticoagulants. «Je me suis rendue très malade. Je vomissais du sang». Son salut, elle le doit à une intervention du Défenseur des droits qui a débloqué sa situation. Celui-ci a lancé en décembre un appel à témoignages sur les dysfonctionnements des mutuelles étudiantes. Il devrait publier un rapport sur le sujet fin mars.

Source : http://www.dna.fr/actualite/2015/03/10/radies-de-la-secu-ils-plaident-pour-simplifier-un-systeme-ubuesque

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ARTICLE PARU SUR LE PROGRÈS.fr  Le Progrèsfr

http://www.leprogres.fr/france-monde/2015/03/10/radies-de-la-secu-ils-plaident-pour-simplifier-un-systeme-ubuesque

Le 10 mars 2015

SANTÉ. Radiés de la Sécu, ils plaident pour simplifier un système «ubuesque»

Diabétique, il s’est privé d’insuline. Récemment opérée d’une tumeur, elle a renoncé aux soins de suite. Des malades ont témoigné mardi de risques encourus parce qu’ils avaient été radiés de la Sécu à la suite d’imbroglios administratifs.

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«J’ai commencé à sauter quelques piqûres. Il n’y a pas trop de dégâts apparents, mais ça fait mal à la tête». Dominique, un quinquagénaire souffrant de diabète, a raconté lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale comment il avait diminué ses traitements faute de couverture maladie. Après trois ans au Luxembourg, malgré un statut d’auto-entrepreneur, il n’est jamais parvenu à s’affilier au régime de protection sociale des indépendants (RSI). Au début, il a financé les traitements de sa poche, puis de celle d’un ami. Mais un jour, les sources de financement se sont taries et les injections se sont espacées.

Comme lui, près de 800 personnes ont livré des récits de leurs relations «ubuesques» avec la Sécu à l’association «24 Heures vitales» qui soutient les assurés privés de carte vitale suite à un changement de statut (d’étudiant à salarié, d’indépendant à chômeur…), d’adresse, de perte de papiers ou de simple bug informatique. L’association a mis ces témoignages en ligne et lancé une campagne, soutenue selon elle par des parlementaires UMP, PS et EELV, pour obtenir une «simplification» de l’assurance maladie. «Nous demandons à la Caisse nationale d’assurance maladie (CPAM) que chaque personne sans carte vitale soit reçue personnellement sous 48 heures pour qu’on lui remette une carte provisoire», a déclaré la présidente de l’association Véronique Picard lors du point-presse. «Il faut unifier les différents régimes de couverture sociale, à commencer par le régime étudiant», a ajouté Mme Picard, dont le fils est décédé en février 2014 après un an sans couverture maladie.

Le jeune homme avait été radié de la caisse des étudiants à la fin de son cursus scolaire et avait rencontré de nombreux obstacles dans son inscription au régime général. Insulino-dépendant, il n’avait pas pu être suivi par un diabétologue pendant cette période. Auteur d’une proposition de loi sur le système de sécurité sociale des étudiants, la sénatrice Catherine Procaccia (UMP) a également souhaité le rattachement de ces jeunes à la CPAM ou à leurs parents. «Il faut des décisions pour éviter des drames. C’est une question de vie ou de mort», a renchéri le député Jean-Frédéric Poisson (chrétien-démocrate).

Aline Dhaine, 32 ans, en sait quelque chose. Salariée en Autriche, elle avait dû être opérée d’une tumeur au cerveau. Souffrant d’une embolie pulmonaire après l’intervention, elle avait voulu rentrer en France, où elle s’est retrouvée sans aucun droit. «Pour m’inscrire au régime général, on me demandait de travailler 60 heures, mais j’étais en partie paralysée. Et il faut des mois pour obtenir la CMU», Couverture maladie universelle, a-t-elle expliqué. Faute de moyens, elle a renoncé à des anticoagulants. «Je me suis rendue très malade. Je vomissais du sang». Son salut, elle le doit à une intervention du Défenseur des droits qui a débloqué sa situation. Celui-ci a lancé en décembre un appel à témoignages sur les dysfonctionnements des mutuelles étudiantes. Il devrait publier un rapport sur le sujet fin mars

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ARTICLE PARU DANS LE DAUPHINE.fr

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Mercredi 18 mars 2015

SANTÉ Radiés de la Sécu, ils plaident pour simplifier un système «ubuesque»

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Diabétique, il s’est privé d’insuline. Récemment opérée d’une tumeur, elle a renoncé aux soins de suite. Des malades ont témoigné mardi de risques encourus parce qu’ils avaient été radiés de la Sécu à la suite d’imbroglios administratifs.

«J’ai commencé à sauter quelques piqûres. Il n’y a pas trop de dégâts apparents, mais ça fait mal à la tête». Dominique, un quinquagénaire souffrant de diabète, a raconté lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale comment il avait diminué ses traitements faute de couverture maladie. Après trois ans au Luxembourg, malgré un statut d’auto-entrepreneur, il n’est jamais parvenu à s’affilier au régime de protection sociale des indépendants (RSI). Au début, il a financé les traitements de sa poche, puis de celle d’un ami. Mais un jour, les sources de financement se sont taries et les injections se sont espacées.

Comme lui, près de 800 personnes ont livré des récits de leurs relations «ubuesques» avec la Sécu à l’association «24 Heures vitales» qui soutient les assurés privés de carte vitale suite à un changement de statut (d’étudiant à salarié, d’indépendant à chômeur…), d’adresse, de perte de papiers ou de simple bug informatique. L’association a mis ces témoignages en ligne et lancé une campagne, soutenue selon elle par des parlementaires UMP, PS et EELV, pour obtenir une «simplification» de l’assurance maladie. «Nous demandons à la Caisse nationale d’assurance maladie (CPAM) que chaque personne sans carte vitale soit reçue personnellement sous 48 heures pour qu’on lui remette une carte provisoire», a déclaré la présidente de l’association Véronique Picard lors du point-presse. «Il faut unifier les différents régimes de couverture sociale, à commencer par le régime étudiant», a ajouté Mme Picard, dont le fils est décédé en février 2014 après un an sans couverture maladie.

Le jeune homme avait été radié de la caisse des étudiants à la fin de son cursus scolaire et avait rencontré de nombreux obstacles dans son inscription au régime général. Insulino-dépendant, il n’avait pas pu être suivi par un diabétologue pendant cette période. Auteur d’une proposition de loi sur le système de sécurité sociale des étudiants, la sénatrice Catherine Procaccia (UMP) a également souhaité le rattachement de ces jeunes à la CPAM ou à leurs parents. «Il faut des décisions pour éviter des drames. C’est une question de vie ou de mort», a renchéri le député Jean-Frédéric Poisson (chrétien-démocrate).

Aline Dhaine, 32 ans, en sait quelque chose. Salariée en Autriche, elle avait dû être opérée d’une tumeur au cerveau. Souffrant d’une embolie pulmonaire après l’intervention, elle avait voulu rentrer en France, où elle s’est retrouvée sans aucun droit. «Pour m’inscrire au régime général, on me demandait de travailler 60 heures, mais j’étais en partie paralysée. Et il faut des mois pour obtenir la CMU», Couverture maladie universelle, a-t-elle expliqué. Faute de moyens, elle a renoncé à des anticoagulants. «Je me suis rendue très malade. Je vomissais du sang». Son salut, elle le doit à une intervention du Défenseur des droits qui a débloqué sa situation. Celui-ci a lancé en décembre un appel à témoignages sur les dysfonctionnements des mutuelles étudiantes. Il devrait publier un rapport sur le sujet fin mars

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INTERVIEW RADIO FRÉQUENCE PROTESTANTE

Le 02 Février 2015

http://www.frequenceprotestante.com/index.php?id=47&user_radio_pi1%5Bprogram%5D=45089

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ÉMISSION du 14 Janvier 2015

Les trois animateurs abordent avec précision et souvent avec humour les nombreux sujets qui préoccupent les téléspectateurs. Ils répondent au cours de l’émission aux questions sur la santé et le bien-être qui leur sont envoyées via SMS, Internet et Twitter.

Infos pratiques

LES INVITES 

  • Invité du journal
    Pr Michel Reynaud, chef du service de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Paul Brousse à Villejuif
  • Invitée du jour
    Léonore le Caisne, ethnologue au CNRS et auteure de l’ouvrage « Un inceste ordinaire – Et pourtant tout le monde savait »

LES CHRONIQUES

  • Un carte vraiment vitale ! ,avec Christian Saout

SITES WEB :

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ARTICLE PARU DANS L’EST RÉPUBLICAIN

LE 09 JANVIER 2015

Article Est Républicain

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Le FIGARO ÉTUDIANT

Mutuelles étudiantes : une enquête nationale sur les dysfonctionnements

  • Par Paul de Coustin
  • Publié le 12/12/2014 à 17:59

MEDECINE-SANTE-SOCIAL

le Défenseur des droits souhaite recueillir les témoignages et retours d’expérience des étudiants. Ce travail pourrait donner lieu à une modification de la proposition de loi qui doit être examinée à l’Assemblée nationale au printemps prochain.

Nouveau rebondissement concernant les mutuelles étudiantes.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a ouvert cette semaine un appel à témoignages destiné aux étudiants concernant leurs expériences avec les mutuelles étudiantes. Cette initiative prend la forme d’un questionnaire en ligne qui doit permettre au Défenseur des droits de «mieux connaître la nature des difficultés que les étudiants rencontrent avec leurs mutuelles». Les résultats de l’enquête pourraient donner lieu à des préconisations de sa part concernant la proposition de loi visant à supprimer les mutuelles étudiantes, déjà adoptée au Sénat et prochainement débattue à l’Assemblée nationale.

Selon le résultat de cet appel à témoignages, Jacques Toubon décidera ou non d’intervenir «soit auprès de ces organismes, soit auprès des pouvoirs publics dans le cadre de son pouvoir de proposition de réforme». Le Défenseur des droits a décidé de se concentrer sur ce sujet après la multiplication des dossiers mentionnant des problèmes et dysfonctionnements des mutuelles étudiantes. «On s’est dit qu’il fallait aller plus loin» apprend-on chez le Défenseur des droits. «On va faire remonter ces témoignages, les analyser en qualitatif, puis nous ferons un rapport. Nous gardons la possibilité de faire des propositions de réformes et d’améliorations, notamment de la proposition de loi qui doit être examinée à l’Assemblée nationale».

«Tout ce qui va dans le sens de la simplification va dans le bon sens»

Chez le Défenseur des droits, on se garde de toute volonté de «stigmatiser les mutuelles», mais on affirme «sentir qu’il y a des choses à améliorer». La volonté de Jacques Toubon, en agissant par un appel à témoignages, est de recueillir «la parole des vrais gens, qui sont confrontés aux problèmes dans leur quotidien». Recueillir des témoignages, c’est également la démarche de Véronique Picard. Cette mère aperdu son fils Matthias en février dernier, «faute d’avoir récupéré sa carte vitale plus d’un an après l’arrêt de ses études». Depuis, Véronique Picard a créé l’association «24 heures vitales» pour alerter les élus et spécialistes de la santé concernant les problèmes rencontrés par certains étudiants avec leurs mutuelles. Elle a d’ailleurs elle-même saisi le défenseur des droits, et affirme que le décès de Matthias a joué un rôle déterminant dans l’ouverture de cet appel à témoignages.

Elle se dit satisfaite de cette démarche, et tiendra une conférence de presse à l’Assemblée nationale, le 14 janvier prochain, pour sensibiliser les élus de droite comme de gauche, pour éviter «toute récupération politique». Selon Véronique Picard, «tout ce qui va dans le sens de la simplification va dans le bon sens». Et si «il y aura peut être des modifications à apporter» à la loi, la «réunification des mutuelles étudiantes dans une branche maladie plus forte» et l’établissement «d’une vraie communication entre les différents services» restent ses priorités.

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(http://www.egora.fr)

Les dédales de la Sécu ont tué mon fils

Témoignage par Fanny Napolier le 26-11-2014 Réagissez

En février dernier, le jeune Mathias est décédé dans son lit. Diabétique insulino-dépendant, il a manqué de soins pendant plus d’une année, après la fin de ses études, faute de carte Vitale.

Aujourd’hui, sa mère livre une bataille contre les dysfonctionnements aberrants de la Sécu et demande aux professionnels de santé à lui faire part de leurs témoignages sur son blog.

« Mon fils Mathias était étudiant à Rennes. Il y est resté deux ans, mais il n’était pas vraiment fait pour les études. Il écrivait très bien, il voulait être journaliste. Il a donc quitté Rennes, mais ne voulait pas revenir chez moi, à Paris. Il avait 27 ans, il avait sa vie. A l’automne 2012, il est parti en Normandie, où est toute notre famille. Mon fils était diabétique insulino-dépendant depuis l’âge de 4 ans et demi. Tout se passait très bien. Son diabète était bien équilibré. Il ne faisait pas ses glycémies systématiquement mais il faisait très attention à son alimentation et ses hémoglobines glyquées étaient toujours très bonnes.

En arrivant en Normandie, il s’est immédiatement inscrit à Pôle Emploi. A ce moment-là, il était toujours couvert par sa mutuelle étudiante. Au cours des mois suivants, il a régulièrement consulté un médecin généraliste. Tout allait bien.

Insuline à nos frais

En janvier 2013, c’est en se rendant à la pharmacie qu’il a su que sa carte Vitale ne passait plus. Mathias n’ayant pas repris ses études, il n’était plus couvert par sa mutuelle étudiante. Il s’est immédiatement rendu à la CPAM pour déposer un dossier. Un mois après on n’avait toujours rien. Je les ai appelés trois fois à ce sujet entre janvier et février 2013. On m’a dit qu’il fallait qu’il revienne, qu’il insiste. Pendant tout ce temps, l’insuline était à nos frais. Une fois par an, il devait faire une hospitalisation de jour. La dernière datait de février 2012, ça faisait plus d’un an. Il n’y avait pas péril en la demeure, mais il fallait quand même le faire. Les mois passaient, toujours rien.

En septembre, il est allé voir une assistante sociale qui n’a rien compris à son dossier. Il faut dire qu’étant étudiant, il avait travaillé l’été pour la Mairie de Paris, qui a encore un statut à part au niveau de la Sécu. Pourtant il a toujours été rattaché à la LMDE, mais apparemment c’est ça qui coinçait. L’assistante sociale n’a pas été capable de débloquer son dossier. La seule chose qu’elle a trouvé à faire, c’est de lui donner accès à la permanence d’accès aux soins de santé (PASS) au CHU. Sur le coup on était rassurés, c’était une solution provisoire. Il a pu être reçu, non pas en diabétologie, mais par un généraliste qui a fait des examens. Sa glycémie avait légèrement augmenté, mais rien d’alarmant. Mon fils allait voir chaque mois ce médecin qui lui délivrait une ordonnance et faisait les examens de base.

Au mois de janvier, le généraliste s’est un peu inquiété. Il a enfin adressé mon fils à un diabétologue, qui lui a donné rendez-vous vers le 20 février. Entre temps, Mathias est allé voir une assistante sociale du CHU. Elle, elle a réussi à débloquer ce dossier que personne n’avait jamais réussi à comprendre. J’ai appris depuis que les assistantes sociales des CHU connaissent ce problème de défaut de carte Vitale et savent les régler. Elle avait réussi à lui avoir un rendez-vous avec un responsable de la CPAM.

« Le stress, le manque de suivi, tout avait fait son œuvre en sourdine »

Mon fils m’a appelé le 14 février en me disant : « Ça y est, je sors de la Sécu, c’est réglé. Il faut juste que j’attende trois semaines pour que ma carte soit active. » On était super contents tous les deux. Mais le stress, le manque de suivi, tout avait fait son œuvre en sourdine. Je lui avais trouvé du travail à Paris, son retour était imminent. Il devait encore aller voir le généraliste du CHU pour se faire délivrer sa dose mensuelle d’insuline. Il ne consultait que le vendredi et cette semaine là, il était en vacances. Il m’a demandé s’il me restait de l’insuline au frigo. Je n’en avais plus.

Et là, je ne comprendrai jamais ce qui s’est passé. Moi qui étais en alerte rouge depuis qu’il était tout petit. Il m’a dit que ce n’était pas grave, qu’il ferait avec ce qui lui restait, qu’il allait se mettre à la diète et qu’en cas de problème il irait aux urgences. D’habitude, c’est le genre de réaction que je n’aurais jamais accepté. D’habitude, je lui aurais dit : « Je te préviens, je vais appeler les pompiers, ta grand-mère, la Terre entière? » Ça le faisait rire, il savait que j’étais toujours là. Et là rien. C’est ma grande culpabilité. Le seul jour de ma vie où je n’ai pas réagi. Je suis tombée tête baissée dans ce piège totalement idiot de se dire qu’il pouvait tenir avec le peu qu’il lui restait.

Je l’ai eu le dimanche, il déjeunait chez mes parents. Il était en pleine forme. Il avait fait un régime. Il venait de manger un steak-salade, pas de sucre. Il m’a redit de ne pas m’inquiéter, que dès demain il irait aux urgences. Il est rentré chez lui, mon père l’a ramené à 18h30. Il avait rendez-vous à 20 heures pour sortir avec des amis. Il a appelé pour annuler parce qu’il avait vomi. C’était la semaine des gastros, il a cru que c’était une gastro. Il s’est allongé un peu et voilà.

Le lendemain on l’a appelé, il ne répondait pas. Ça lui arrivait quelques fois. Quand il était mal fichu comme ça, il ne répondait pas toujours. Le jour suivant, tout le monde s’est inquiété. C’est là qu’on l’a retrouvé. Il est décédé dans la nuit du dimanche au lundi dans son sommeil.

D’autres jeunes dans le même cas

Les analyses de sang ont révélé un taux très faible d’acidocétose. Ce n’est pas le manque d’insuline qui a causé sa mort. Les médecins pensent aujourd’hui à une défaillance organique due à un manque de suivi pendant plus d’un an.

Le jour même de l’enterrement, j’ai eu des témoignages spontanés de jeunes qui avaient attendus six mois, un an pour avoir leur carte Vitale. Je me suis rendue compte que mon fils n’était pas un cas isolé.

J’ai attendu la mi-juin pour avoir la force de faire quelque chose. J’ai créé un blog avec l’aide de ma fille, pour lancer un appel à témoignages. Très vite l’information a été relayée dans la presse nationale. En un mois, j’ai reçu 300 témoignages. Au début, je ne m’adressais qu’aux étudiants. J’ai reçu beaucoup de témoignages de parents qui avaient des enfants en cours d’études qui avaient des problèmes avec les mutuelles étudiantes, ou après leurs études, comme Mathias, qui n’arrivaient pas à réintégrer la CPAM. Mais j’ai aussi reçu des témoignages de gens qui avaient déménagé. Même à 50 kilomètres vous pouvez attendre un an. A Paris même d’un arrondissement à l’autre, parfois, ça ne suit pas. J’ai reçu des messages de travailleurs indépendants, de gens qui reviennent de l’étranger. J’ai eu des flopées de témoignages, tous les jours.

Tout début septembre, j’ai reçu un courrier d’un monsieur à propos d’une jeune fille qui avait travaillé cinq mois en Autriche. Aline a eu des problèmes de santé sur place, elle a été opérée d’une tumeur hypophysaire, à l’hôpital elle a fait une embolie pulmonaire. Elle est rentrée dans sa famille en France. Et depuis, elle se battait avec la Sécurité sociale pour rouvrir ses droits. J’ai eu la jeune fille au téléphone. J’avais l’impression de revivre ce qu’avait vécu Mathias. Elle n’avait aucun retour de la CPAM. Elle avait payé de sa poche une journée d’hôpital. Elle a craqué. J’ai tout de suite appelé M. Ceretti, conseiller santé auprès du Défenseur des droits qui m’avait reçue et qui suit le dossier de mon fils. Il a tapé du poing sur la table. Il a réglé ça en 48 heures.

C’est tellement injuste ce mépris de l’administration. Avec plusieurs personnes qui m’ont soutenue, on a créé une association et un site : 24 heures Vitale . On demande pour tous une carte Vitale active en 24 heures. Qu’ils se débrouillent ! On demande aussi l’unification des régimes spéciaux au régime général.

« Quelque chose d’inhumain »

J’ai envoyé à tous les députés et tous les sénateurs le dossier de presse, avec près de 800 témoignages. J’ai reçu de nombreux retours de sénateurs et députés UMP et PS. Je ne demande aucune récupération politique, mais une grande réflexion nationale sur le sujet. Plus personne ne doit se retrouver plus de 24 heures sans carte Vitale.

Le Sénat a voté le 18 novembre dernier ce que personne n’attendait : la fin des mutuelles étudiantes et l’affiliation des étudiants au régime de leurs parents. Je suis convaincue que la force des témoignages qu’on leur a envoyés y est pour beaucoup. Le texte doit encore passer à l’Assemblée nationale. On ne sait pas encore quand, mais on a déjà prévu d’arriver avec nos sacs de lettres et de témoignages. Il faut marquer les esprits. Aujourd’hui, ce sont les hommes politiques qui ont les clés pour faire changer les choses, et ce sont les témoignages qui les bouleversent. Je veux faire connaître le drame de mon fils, parce qu’on ne l’a pas écouté, tout comme la jeune Aline, tout comme beaucoup d’autres. J’insiste sur l’importance des témoignages. C’est ça qui frappe les gens, les députés, les sénateurs. C’est ça qui fait la différence. J’ai eu un pharmacien qui m’a dit qu’il recevait des tas de jeunes dont la carte ne passait pas, et qui me remerciait d’enfin soulever le problème.

C’est ça qui m’a sorti du trou. J’appelle vraiment les professionnels de santé à m’envoyer leurs témoignages. Plus j’en aurai, plus notre action aura de poids. J’ai une voisine qui n’est jamais malade, qui n’avait pas contacté la CPAM depuis des années. Un jour elle a été souffrante et elle a envoyé une feuille de soins. Elle a reçu une lettre disant que, comme ils n’avaient plus de nouvelles d’elle depuis longtemps, ils l’avaient déclarée décédée. C’est incroyable. C’est un bazar monstrueux. Tout ça devient inhumain. Je ne remets pas en cause les acquis de la Sécurité sociale, mais ce manque de communication des caisses entre elles en fait quelque chose d’inhumain. Est ce que c’est un manque de personnel ? Un manque de formation ? Un système informatique complètement obsolète ? Je ne comprends pas. »

Vous pouvez envoyer vos témoignages à Véronique Picard via son blog

https://pourmathiasunecarteetaitvitale.com/ou par mail à

pourmathias.appelatemoinvital@Outlook.fr

Témoignage Infirmiers Médecin Pharmacien Kiné Autres Pro. de la santé A la Une

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Le QUOTIDIEN DU MÉDECIN

Logo v1Droits Sécu, carte Vitale : une nouvelle association milite pour simplifier les démarches

07/10/2014

En 1998, Alain-Michel Ceretti avait fondé le LIEN, une association pour venir en aide aux victimes des infections nosocomiales. À l’origine de son engagement : le calvaire de son épouse Béatrice, qui, opérée en 1991 d’une hernie discale à la clinique du sport, contracte une infection postopératoire au xenopi, responsable de douleurs à la colonne vertébrale qui ne la lâcheront pas pendant une décennie.

C’est aussi d’un drame intime qu’est née l’association 24 heures vitalesMathias avec vous pour une carte vitale active immédiatement. Véronique Picard a perdu son fils Mathias, 27 ans, en février 2014.

Centaines de témoignages

Insulinodépendant, il avait été radié de la Sécu étudiante à la fin de ses études et se battait depuis un an pour s’inscrire au régime général. Sans couverture, il était exclu du monde du travail, peinait à financer son insuline, et s’est vu contraint de repousser un bilan annuel. « Même si aucune certitude ne peut être fournie à ce jour, ce manque de suivi a sans doute usé ses organes » avance Véronique Picard.

En juin, cette mère a fondé le blog « Pour Mathias, une carte était vitale », pour recueillir des témoignages d’étudiants qui bataillent pour réintégrer à la fin de leurs études le régime général (l’appel à témoignage est toujours d’actualité ici).

Ce sont en fait des centaines de récits (près de 800) qu’elle reçoit. Des étudiants, mais aussi des frontaliers, expatriés de retour en France, anciens adhérents du RSI, médecins ou professionnels de santé témoignent de longs bras de fer avec les caisses primaires. « Tous se heurtent aux mêmes fins de non-recevoir, aux dysfonctionnements inhumains, aux lenteurs administratives et à l’absence totale de communication entre les différentes caisses » dénonce Véronique Picard.

Unification des régimes

L’association 24 heures vitales réclame une simplification urgente de l’assurance-maladie. « Il faut que la carte Vitale soit délivrée en 24 heures maximum, qu’il y ait davantage de communication entre les caisses, que les usagers aient des informations illico presto… », explique la présidente Véronique Picard.

Dans un deuxième temps, l’association réclame l’unification des innombrables régimes de protection sociale, à commencer par l’intégration du régime étudiant – comme la Fage, deuxième association étudiante, l’UFC-Que choisir, et la Cour des Comptes.

Véronique Picard entend suivre les dossiers de près. En août, elle avait attiré l’attention d’Alain-Michel Ceretti, au pôle santé du Défenseur des droits, sur le cas d’Aline, une jeune femme revenue en France après quelques mois de travail en Autriche et d’importants soucis de santé. Sa CPAM ayant résilié ses droits, elle devait assumer les coûts d’une scintigraphie. Grâce à cette double intervention, son dossier s’était débloqué immédiatement.

Enquête en cours

Concernant le drame de Mathias, une double enquête, administrative et médicale, est toujours en cours auprès du pôle santé du Défenseur des droits, saisi par Véronique Picard pour comprendre les causes du décès. Un complément d’information doit être demandé à une société savante sur le mode de dispensation de l’insuline, à l’unité, à l’hôpital.

Coline Garré

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C’est au PROGRAMME sur FRANCE 2

Droit, pas droit 02/10/2014

Présenté par Roland Perez

Ce matin nous poussons un vrai « coup de gueule » ! Parce qu’il n’a pas eu sa carte vitale à temps, à cause de la lenteur de l’administration, un étudiant malade du diabète en est mort ! Explications tout à l’heure avec Roland Perez…

Regarder sur :

http://www.france2.fr/emissions/c-est-au-programme/videos/NI_23439?onglet=tous&page=1

Conseils droit :

Vous terminez ou arrêtez vos études, il faut :

1°/ Contacter la Caisse d’Assurance Maladie de votre lieu de résidence.

2°/ Remplir le formulaire de changement de situation d’affiliation (formulaire S1104)

3°/ Indiquer sa situation actuelle :

  • salarié
  • à la recherche d’un emploi
  • situation antérieure (étudiant)

4°/ Joindre la copie de :

  • Votre pièce d’identité
  • RIB
  • Documents d’assurance chômage

5°/ En cas de situation particulière, contactez le 3646.

Plus d’informations : www.ameli.fr

Le blog en ligne de Véronique Picard, pour déposer vos témoignages si vous vivez une situation similaire à celle de Mathias :

https://pourmathiasunecarteetaitvitale.com/

L’association créée par Véronique : 24 heures vitales.

http://24heuresvitales.com/

Défenseur des Droits, santé :

http://www.defenseurdesdroits.fr/connaitre-son-action/la-mediation-avec-les-services-publics/critere/sante

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Toute l'actualité infirmière avec Actusoins

ACTU SOINS

18/09/14, publication web

Questions autour du décès de Mathias, 27 ans, insulinodépendant et sans droits Sécu

Un article de Coline Garré dans le Quotidien du Médecin révèle la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Mathias Picard est décédé en février dernier, à 27 ans. Insulinodépendant, il avait été radié de la Sécu étudiante à la fin de ses études et se battait depuis un an pour s’inscrire au régime général. Sa mère a saisi le Défenseur des droits, qui instruit un volet médical et un volet administratif.

« Je ne remets pas la Sécu en cause, ni notre système de santé. Je pointe les dysfonctionnements administratifs et la non-communication entre les caisses primaires d’assurance-maladie. Pendant ce temps, des gens meurent. » À la lumière de l’histoire tragique de son fils, Véronique Picard a décidé de se battre pour les étudiants en fin de droits qui, mal informés, peinent à rejoindre le régime général, ou se retrouvent plus ou moins longtemps « hors système » au coeur d’un imbroglio administratif. Mais son combat concerne plus largement toutes les personnes qui peuvent se retrouver sans droits à jour – expatriés qui rentrent en France, travailleurs qui changent de statut, citoyens qui déménagent. Son blog héberge déjà plus de 300 témoignages : la majorité des situations se résolvent après des mois d’attente et des avances de frais parfois conséquentes.

Radié

Son fils Mathias est décédé dans la nuit du 16 au 17 février 2014. Il était diabétique insulinodépendant depuis l’âge de 4 ans et demi. Enfant puis adolescent, il consulte un diabétologue tous les trois mois et réalise un bilan complet chaque année, en hospitalisation de jour. Ses soins sont remboursés à 100 % par l’assurance-maladie. Tout jeune adulte, il part au Danemark perfectionner son anglais. À son retour, belle plume aspirant au journalisme, il s’inscrit dans une université de Bretagne en communication et travaille, pendant les grandes vacances, pour la mairie de Paris. Affilié à la LMDE (Sécu étudiante), il voit régulièrement un spécialiste et réalise son dernier check-up en février 2012. Mathias arrête ses études à l’été 2012, déménage dans la ville de ses grands parents où il s’inscrit à Pôle Emploi. En janvier 2013, il vient renouveler son insuline à la pharmacie ; sa carte Vitale ne passe plus. Il découvre que n’étant plus étudiant, il a été radié de ce régime. Sans avertissement, précise sa mère. Silence radio aussi de Pôle Emploi.« Mon fils a immédiatement déposé un dossier à la CPAM. Après un mois d’attente, il y retourne. Aucune trace de son dossier. On lui en redonne un nouveau à remplir : à nouveau, rien », raconte sa mère. En attendant, sa famille paie le médecin traitant et l’insuline. Sans droits à jour malgré ses relances, Mathias ne peut percevoir le RSA. Ses vacations précédentes à la mairie de Paris, qui dispose d’un régime spécifique, semblent avoir compliqué son dossier administratif, Mathias ne rentrant pas dans les bonnes cases.

Défaut de suivi ?

Fin août 2013, il se rend dans un centre d’action sociale pour tenter de débloquer la situation. « Ils n’ont rien compris mais ils lui remettent un PASS santé, on reprend espoir » se souvient Véronique Picard. Mathias, qui n’a pas pu effectuer de bilan complet depuis de longs mois, est reçu dans cette permanence d’accès aux soins de santé par un généraliste. Il est censé revenir chaque mois à la PASS récupérer son traitement, viala pharmacie centrale de l’hôpital. Début 2014 : l’espoir se renforce. L’assistance sociale de l’hôpital décroche pour Mathias un rendez-vous le mi-février avec un responsable de la caisse locale. On lui assure que ses droits seront enfin rouverts sous trois semaines, une consultation avec undiabétologue est alors fixée au 26 février. Afin de récupérer l’insuline dont il a besoin dans l’intervalle, Mathias file à la PASS, auprès du médecin du CHU. « On lui dit de revenir la semaine suivante, car le médecin est en vacances. Mathias pense qu’en ajustant son régime et en faisant du sport, ça ira » explique sa mère. Le dimanche, il rentre d’un déjeuner chez ses grands parents. Il s’endort et ne se réveille pas. Sa carte Vitale arrivera deux semaines plus tard.

Double enquête

Que s’est-il passé ? Les analyses révèlent une acidocétose. Mais le décès, suppute Véronique Picard, pourrait être la conséquence d’un mauvais suivi de Mathias pendant deux ans. Elle a saisi le Défenseur des droits « pour comprendre ce qu’il s’est passé ». L’enquête, double, comprend un volet administratif (y a-t-il eu une défaillance au niveau de l’assurance-maladie ?) et un volet médical (prise en charge à l’hôpital). L’instruction n’est pas tout à fait terminée. « Je me battrai pour tous » assure Véronique Picard, qui s’est rapprochée d’une association étudiante, et veut faire connaître son histoire. Elle a confié les témoignages déjà recueillis au pôle santé du Défenseur, mais veut aller plus loin. « Il faut garantir l’accès à une carte Vitale active sous 24 heures, les élus doivent prendre des mesures pour que ça s’arrête ». Source : Le Quotidien du Médecin

Véronique Picard cherche à recueillir sur son blog« pourmathiasunecarteetaitvitale.com » un maximum de témoignages pour mettre en lumière les dysfonctionnements liés à la carte Vitale et à la Sécurité sociale. Elle appelle les médecins et professionnels de santé à se manifester à l’adresse : pourmathias.appelatemoinvital@outlook.fr ou sur le blog. Elle a aussi lancé une pétition pour défendre les étudiants en fin de droit

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ALLO DOCTEUR SUR FRANCE 5

Le 18 septembre 2014

Sécurité sociale : comment rester couvert après ses études ?

Par La rédaction d’Allodocteurs.fr

Chaque année, les caisses primaires d’assurance maladie réintègrent environ 360.000 étudiants qui ont interrompu ou terminé leurs études. Jusqu’à présent, c’était les mutuelles étudiantes, et non la CPAM, qui géraient leur Sécurité sociale, via ce qu’on appelle la délégation de service public. Mais une fois les études terminées, le statut change. Et la procédure aussi. Si à première vue, la démarche pour s’affilier à la caisse primaire d’assurance maladie est simple. Encore faut-il la connaître. Car au moindre grain de sable, les rouages administratifs s’enrayent et la situation peut devenir dramatique.

Les étudiants ne le savent pas toujours, mais à la fin de leurs études, le transfert de leur dossier vers la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) n’est pas automatique.

« La majeure partie des étudiants sont couverts jusqu’au 30 septembre, donc dès le 1er octobre il faut qu’ils fassent leurs démarches de changement de situation auprès de la CPAM de leur lieu d’habitation. C’est à l’étudiant de faire la démarche« , explique Frédéric Sauvage, directeur du développement de la Mutuelle des étudiants (LMDE).

Sur le papier, la démarche est claire. Mais pour les anciens étudiants, perdus entre leurs mutuelles et leurs caisses primaires d’assurance maladie, le flou administratif subsiste. Selon Julien Blanchet, président de la Fédération des Associations Générales Etudiantes, « le problème est structurel. Nous, étudiants, nous demandons le droit commun et d’être gérés par la CPAM. Cela nous permettrait d’éviter toutes les galères de mutations inter-régime« .

Pas de panique pour les retardataires : si vous n’êtes plus étudiants, votre ancienne mutuelle vous couvre jusqu’à la fin de l’année 2014. Dépêchez-vous toutefois de déclarer votre changement de statut, au centre de sécurité sociale le plus proche

Cliquez sur le lien pour regarder la vidéo.

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-securite-sociale-comment-rester-couvert-apres-ses-etudes–14355.asp?1=1

En savoir plus

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ARTICLE DU QUOTIDIEN DU MÉDECIN

Publié sur le magazine et le site Internet le 18 septembre 2014

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/securite-sociale/assurance-maladie-le-combat-d-une-mere-face-aux-dysfonctionnements-admini

Questions autour du décès de Mathias, 27 ans,
insulinodépendant et sans droits Sécu
Assurance-maladie : le combat d’une mère
face aux dysfonctionnements administratifs

Mathias Picard est décédé en février dernier, à 27 ans. Insulinodépendant, il avait été radié de la Sécu étudiante à la fin de ses études et se battait depuis un an pour s’inscrire au régime général. Sa mère a saisi le Défenseur des droits, qui instruit un volet médical et un volet administratif.
●●« Je ne remets pas la Sécu en cause, ni notre système de santé. Je pointe les dysfonctionnements administratifs et la non-communication entre les caisses primaires d’assurance maladie. Pendant ce temps, des gens meurent ».

À la lumière de l’histoire tragique de son fils, Véronique Picard a décidé de se battre pour les étudiants en fin de droits qui, mal informés, peinent à rejoindre le régime général, ou se retrouvent plus ou moins longtemps « hors système » au coeur d’un imbroglio administratif. Mais son combat concerne plus largement toutes les personnes qui peuvent se retrouver sans droits à jour – expatriés qui rentrent en France, travailleurs qui changent de statut, citoyens qui déménagent. Son blog héberge déjà plus de 300 témoignages : la majorité des situations se résolvent après des mois d’attente et des avances de frais parfois
conséquentes.

Radié

Son fils Mathias est décédé dans la nuit du 16 au 17 février 2014. Il était diabétique insulinodépendant depuis l’âge de 4 ans et demi. Enfant puis adolescent, il consulte un diabétologue tous les trois mois et réalise un bilan complet chaque année, en hospitalisation de jour. Ses soins sont remboursés à 100 % par l’assurance-maladie. Tout jeune adulte, il part au Danemark perfectionner son anglais. À son retour, belle plume aspirant au journalisme, il s’inscrit dans une université de Bretagne en communication
et travaille, pendant les grandes vacances, pour la mairie de Paris. Affilié à la LMDE (Sécu étudiante), il voit régulièrement un spécialiste et réalise son dernier check-up en février 2012. Mathias arrête ses études à l’été 2012, déménage dans la ville de ses grands-parents où il s’inscrit à Pôle Emploi. En janvier 2013, il vient renouveler son insuline à la pharmacie ; sa carte Vitale ne passe plus. Il découvre que n’étant plus étudiant, il a été radié de ce régime. Sans avertissement, précise sa mère. Silence radio aussi de Pôle Emploi. « Mon fils a immédiatement déposé un dossier à la CPAM. Après un mois d’attente, il y retourne. Aucune trace de son dossier. On lui en redonne un nouveau à
remplir : à nouveau, rien », raconte sa mère. En attendant, sa famille paie le médecin traitant et l’insuline. Sans droits à jour malgré ses relances, Mathias ne peut percevoir le RSA. Ses vacations précédentes à la mairie de Paris, qui dispose d’un régime spécifique, semblent avoir compliqué son dossier administratif,
Mathias ne rentrant pas dans les bonnes cases.

Défaut de suivi ?
Fin août 2013, il se rend dans un centre d’action sociale pour tenter de débloquer la situation. « Ils n’ont rien compris mais ils lui remettent un PASS santé, on reprend espoir» se souvient Véronique Picard. Mathias, qui n’a pas pu effectuer de bilan complet depuis de longs mois, est reçu dans cette permanence d’accès aux soins de santé par un généraliste. Il est censé revenir chaque mois à la PASS récupérer son traitement, via la pharmacie centrale de l’hôpital. Début 2014 : l’espoir se renforce. L’assistance sociale de l’hôpital décroche pour Mathias un rendez-vous mi-février avec un responsable de la caisse locale. On lui assure que ses droits seront enfin rouverts sous trois semaines, une consultation
avec un diabétologue est alors fixée au 26 février. Afin de récupérer l’insuline dont il a besoin dans l’intervalle, Mathias file à la PASS, auprès du médecin du CHU. « On lui dit de revenir la semaine suivante, car le médecin est en vacances. Mathias pense qu’en ajustant son régime et en faisant du sport, ça ira » explique sa mère. Le dimanche, il rentre d’un déjeuner chez ses grands-parents. Il s’endort et ne se réveille pas. Sa carte Vitale arrivera deux semaines plus tard.

Double enquête
Que s’est-il passé ? Les analyses révèlent une acidocétose. Mais le décès, suppute Véronique Picard, pourrait être la conséquence d’un mauvais suivi de Mathias pendant
deux ans. Elle a saisi le Défenseur des droits « pour comprendre ce qu’il s’est passé ». L’enquête, double, comprend un volet administratif (y a-t-il eu une défaillance au niveau de l’assurance-maladie ?) et un volet médical (prise en charge à l’hôpital). L’instruction n’est pas tout à fait terminée. « Je me battrai pour tous » assure Véronique Picard, qui s’est rapprochée d’une association étudiante, et veut faire connaître son histoire. Elle a confié les témoignages déjà recueillis au pôle santé du Défenseur, mais veut aller plus loin. « Il faut garantir l’accès à une carte Vitale active sous 24 heures, les élus doivent
prendre des mesures pour que ça s’arrête ».

Coline Garré
Joints par « le Quotidien du médecin », ni le groupe hospitalier ni les services du Défenseur des droits n’ont souhaité répondre l’enquête étant en cours d’instruction.

Pétition et appel à témoignages
●●Véronique Picard cherche à recueillir sur son blog « pourmathiasunecarteetaitvitale.
com » un maximum de témoignages pour mettre en lumière les dysfonctionnements liés à la carte Vitale et à la Sécurité sociale. Elle appelle les médecins et professionnels de santé à se manifester à l’adresse : pourmathias.appelatemoinvital@ outlook.fr ou sur le blog. Elle a aussi lancé une pétition pour défendre les étudiants en fin de droit : avaaz.org/fr/petition/ Etudiants

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ARTICLE PARIS NORMANDIE

www.paris-normandie.fr

Mathias, 27 ans, mort pour ne pas avoir pu recevoir les soins appropriés

Publié le 11/07/2014 à 22H54

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Mathias Picard aurait eu 28 ans le 28 mars…

Une douleur insupportable, irrémédiable. Intolérable. Celle d’une mère, face à la mort de son enfant. Dans l’épreuve, Véronique Picard reste digne. Mais pas question de se taire. Son fils Mathias a été emporté par le diabète. Oui, cette maladie qui touche près de 3 millions de personnes en France et qui se traite très bien. À condition d’être bien pris en charge. Et c’est là où le bât blesse. À cause d’un scénario ubuesque, voire kafkaïen, Mathias n’était plus couvert par la sécurité sociale. Son suivi médical s’en est trouvé affecté. Mortellement.

C’était en Normandie. Véronique Picard préfère taire la ville. Pour ne pas interférer avec les enquêtes du Défenseur des droits. Elles portent sur les problèmes administratifs et sur la prise en charge par l’établissement hospitalier. Pour tenter de comprendre comment un jeune homme de 27 ans a pu disparaître des écrans de la sécurité sociale.

Un «Pass Santé»

Véronique Picard, originaire du Havre, raconte : « Mathias était diabétique, insulinodépendant depuis ses 4 ans et demi. Il a été suivi pendant quatorze ans à l’hôpital Necker à Paris. Puis, il est parti au Danemark où tout s’est très bien passé. Il a fréquenté l’hôpital de Rouen, très bien également. Puis, il est arrivé à Rennes en 2010 pour ses études. »

Le jeune homme est alors sous le régime de la sécu étudiante. Ses problèmes de santé le conduisent chaque trimestre à l’hôpital et l’obligent à une hospitalisation annuelle. Le CHU de Rennes s’en occupe. Tout va pour le mieux.

La situation change imperceptiblement lorsque Mathias décide d’arrêter ses études. « Il voulait devenir journaliste, travailler », se souvient sa mère, dont la voix fait tinter la fierté et l’amour pour son grand garçon. Mathias repart en Normandie et est, sans qu’il en soit informé, radié du régime de sécurité sociale étudiant.

« Il s’en est rendu compte le 20 janvier 2013 à la pharmacie où il allait chercher son insuline. Sa carte Vitale n’est pas passée », continue Véronique, racontant l’histoire avec luxe de détails. Mathias se rend directement à la Caisse primaire d’assurance maladie. Dépose un premier dossier. Attend. Un mois. Deux mois. Y retourne. Rempli un nouveau dossier car, du premier aucune trace… Et de son passé de diabétique non plus. « L’été arrive, toujours rien. Nous sommes allés voir le médecin de famille qui a fait une ordonnance pour son insuline. Début septembre, j’ai dit à Mathias que j’allais régler son problème. Il m’a dit non. Il avait 27 ans et pas envie d’avoir maman sur le dos… »

Véronique s’arrête. L’émotion est trop violente. Les faits, elle les expose depuis plusieurs semaines depuis que Contrepoints a exposé le problème. À chaque fois, la culpabilité maternelle la ravage. « Je l’ai tout de même convaincu d’aller voir une assistante sociale pour qu’elle démêle la situation. » Mathias en ressort avec un « Pass santé », « comme ceux que l’on donne aux indigents pour qu’ils puissent être reçus gratuitement à l’hôpital », et un dossier qui s’enlise. Mathias a également travaillé quelques mois à la mairie de Paris. Et comme elle dispose également de sa propre caisse, cela complexifie son dossier.

Les mois passent. Mathias est suivi par un médecin, pas par un diabétologue. La pharmacie centrale lui donne son insuline. « Mais pas assez, dénonce Véronique. Il avait besoin de deux injections matin et soir. Et le taux de purge n’était pas pris en compte dans les dosages… »

Face au brouillamini administratif, Mathias s’énerve, s’use, se stresse… Tout ce qu’il faut éviter pour un diabétique. Le 20 janvier 2014, le médecin vérifie sa glycémie au réveil : 2,66 g/l. Trop. Beaucoup trop. « Le docteur décide de le rediriger vers un diabétologue. Enfin ! Avec une lettre indiquant qu’une reprise en main semble s’imposer… » Un rendez-vous est fixé… le 26 février. Soit plus d’un mois après.

La situation semble se résoudre. Une assistante sociale de l’hôpital réussit à dénouer le problème. Le 14 février, il apprend que la sécurité sociale lui rouvre ses droits ! « Il devait attendre trois semaines pour qu’il récupère ses droits. Il était heureux. Il lui restait encore un peu d’insuline. Il fallait qu’il voie le médecin mais il était en vacances et la pharmacie n’a pas voulu lui en délivrer car son ordonnance était périmée… Il m’a dit « T’inquiète pas, je vais faire attention à mon alimentation, je vais faire du sport… Au pire, j’irai aux urgences ! » Je m’en veux terriblement de ne pas lui avoir dit d’aller aux urgences tout de suite. » Véronique ne peut plus retenir ses larmes.

«On ne meurt pas du diabète!»

C’était le dimanche 16 février. Son fils était en pleine forme. Le lendemain, elle apprend son décès. « Cela faisait deux ans qu’il n’était pas suivi sérieusement pour sa maladie à cause d’un problème administratif, s’étrangle Véronique. Ce n’est pas possible, on ne meurt pas du diabète ! »

Pour Mathias, elle a décidé de dénoncer le problème. Pas par esprit vindicatif. Mais pour éviter que cette situation, apparemment courante (lire ci-dessus), n’entraîne pas de nouveaux drames. « C’était un garçon formidable. Pour l’administration, ce n’était qu’un numéro, il n’y a pas d’humanité. Ça a été un broyeur de vie… » La nouvelle carte Vitale de Mathias est arrivée quinze jours après son décès.

Anthony Quindroit

 

ARTICLE REPRIS PAR LE HAVRE PRESSE

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INTERVIEW EUROPE1

Véronique Picard : « Il n’existait plus, il était complètement sorti du système »

10 juillet 2014

Ce matin à 7h45, Europe 1 recevait Véronique Picard, mère de Mathias, diabétique, et décédé faute de carte vitale en février 2014.

(cliquez sur le lien pour écouter)

http://t.co/En4VhNw8LD

Véronique Picard : « Il n’existait plus, il était complètement sorti du système »

Mathias, diabétique, n’a pas pu bénéficier de son traitement car il n’avait pas de carte vitale, victime d’un imbroglio administratif. Retrouvez toutes les interviews vérité de Thomas Sotto sur…

Voici ses déclarations :

Bonjour Véronique. Merci d’avoir accepté notre invitation. Juste avant de commencer cette interview, je voudrais préciser que vous n’êtes pas là par esprit de vengeance, pour balancer des noms au public. Vous voulez juste comprendre ce qui est arrivé à votre fils afin qu’un tel drame ne se reproduise pas. Un drame de l’absurde, comme disait Julie. Un imbroglio administratif qui est arrivé à beaucoup d’entre nous, sauf que là, ça prend des proportions absolument dramatiques. On va parler de votre fils, Mathias. Il était étudiant, il voulait faire quoi dans la vie ?

« Il voulait être journaliste. »

il avait 27 ans, diabétique depuis l’âge de 4 ans. Il connaissait sa maladie, il la traitait… Sauf qu’à l’été 2012, c’est là que ça commence, il décide d’arrêter ses études. Il doit en principe passer du régime de sécu étudiant au régime général. Mais là, ça va pas se passer comme prévu.

« Non, du tout. Il s‘est rendu compte qu’il n’était plus assuré en janvier 2013, en allant à la pharmacie, quand il s’est aperçu que sa carte vitale n’était plus valable. J’ai appelé la sécurité sociale étudiante, où on m’a dit que, comme il avait arrêté ses études, il était radié d’office. IL s’est rendu à la Sécu pour ouvrir un dossier, puisqu’il fallait qu’il réintègre l’Assurance maladie. Et là, étant donné qu’il avait été étudiant, il avait disparu des fichiers. Il n’existait plus, alors qu’avant, il figurait dans leurs dossiers en tant qu’insulino-dépendant. Il était sorti du système. Bien que diabétique – il leur a dit – on lui a demandé de remplir un dossier. Ce qu’il a fait. Pas de réponses. Je les ai appelés entre temps, pour qu’on me dise que c’était très grave et qu’il fallait qu’il prenne rendez-vous avec un conseiller. Ce dernier lui a dit : « Non, non. Vous n’êtes plus diabétique. Vous n’existez plus chez nous. Remplissez un nouveau dossier. » Et de nouveau, plus de réponse. »

Pour qu’on comprenne bien, pendant ce temps-là, vous allez payer l’insuline et le médecin.

« Bien sûr, oui. »

Sauf que, quand on est diabétique, il est nécessaire d’aller une fois par an à l’hôpital pendant une semaine pour vérifier que tout va bien.

« Oui, pour vérifier que tout ce que le diabète abîme aille bien : les yeux, le cœur, les reins, les artères. Il faut aussi un rendez-vous trimestriel avec un diabétologue. »

Qu’est-ce qu’il vous dit, Mathias, à cette époque, quand il voit que ça ne marche pas ?

« Il perd confiance. Il est stressé, il ne comprend pas. Moi, à l’époque, je le secouais un petit peu. Peut-être n’avait-il pas fait tout ce qu’il fallait. Il s’énervait, il rigolait en me disant : « Mais non écoute, je ne suis plus diabétique. » Ça, ça a duré jusqu’à l’été, à se renvoyer la balle. »

Parce qu’en plus, quand il va consulter, il ne voit pas les bons spécialistes, souvent. On lui a donné un pass santé pour attendre…

« Alors, ce qui s’est produit, c’est que, jusqu’à l’été, on a payé. Il est revenu sur Paris voir mon médecin traitant, qui lui a renouvelé son insuline. On a payé ses frais jusqu’à ce moment-là. A un moment, je lui ai dit : « Ecoute, j’y vais ». Mais il n’a pas voulu. A 27 ans, il ne voulait pas que maman aille taper du poing sur la table au guichet à sa place parce qu’il y avait une case mal cochée, qu’on lui renvoyait sans cesse ses dossiers parce que des dossiers disparaissent. Je reçois beaucoup de témoignages dans ce cas-là. »

Heureusement, dans son cas à lui, il y a une assistante sociale qui se rend compte qu’il y a urgence, que quelque chose ne va pas.

« Pas tout de suite. Parce que comme il ne voulait pas que je l’accompagne à la Sécu et que rien ne se décantait, je lui ai dit d’aller dans un centre d’action sociale, où une assistante sociale allait surement savoir quoi faire. Le problème, c’est que, étant étudiant, il avait travaillé deux fois trois mois à la mairie de Paris, cette dernière ayant encore un statut à part, avec une caisse de sécu à part. Il y a je ne sais combien de caisses de sécu en France : indépendants, police, fonctionnaires, la marine… Et elles ne communiquent pas entre elles. Quand vous sortez de la sécu sociale basique, vous êtes radié du jour au lendemain et c’est la croix et la bannière pour être réintégré. Des témoignages, j’en reçois plein, qui ont connu le même parcours que mon fils, des gens qui sont partis à l’étranger, des gens qui ont changé de département… »

Le drame, c’est que votre fils, au mois de février, il va faire un malaise, chez lui. Il va se coucher et ne pas se réveiller. Sa carte vitale va arriver deux semaines plus tard. Vous réagissez comment à ce moment-là ?

« Je voudrais être capable d’être en colère mais je n’y arrive pas. Je suis toujours sous le choc. C’est quelque chose qui n’aurait jamais dû arriver. Comment vous dire ? J’ai regardé cette carte vitale et… rien. Je n’arrive pas à être en colère : c’est l’absurde. Et puis, il faut savoir que le Défenseur des droits enquête d’une double façon. Sur les défaillances de l’administration et sur la prise en charge de l’hôpital, qui l’a pris après avoir vu ce centre d’action sociale qui n’a rien compris, puisque c’était beaucoup trop compliqué pour eux. La fin de la sécurité sociale, la caisse de sécurité de Paris, la non réintégration du régime général : c’était beaucoup trop compliqué pour eux. Donc là, ils lui ont remis le pass santé, avec lequel il a été reçu dans ce CHU, où il n’a pas été retenu par un diabétologue, mais par un médecin. »

Aujourd’hui, vous demandez quoi ? Que ces caisses communiquent mieux entre elles ?

« D’abord, j’attends les résultats de l’enquête du défenseur des droits pour savoir où sont les responsabilités dans le cas de mon fils. Si vous voulez, quand j’ai rencontré le Défenseur des droits, j’ai eu l’impression que tout le monde était au courant de ces dysfonctionnements complètement ubuesques mais que personne n’en a pris la mesure, alors que ça touche énormément de gens. »

Il y a certainement quelqu’un du ministère de la Santé qui vous écoute ce matin. Vous souhaitez les rencontrer ?

« Pour l’instant, j’attends les résultats de l’enquête du Défenseur des droits. Ils ont toute ma confiance, m’ont très bien reçu et ont pris l’affaire très au sérieux. Je leur ai dit : « Je vais vous prouver que les étudiants ne sont pas automatiquement réintégrés dans la Sécu. » Ils n’en avaient pas pris la mesure. C’est pour ça que j’ai fait un blog, au nom de mon fils, qui reçoit des témoignages. Le Défenseur des droits les attend. Plus ils seront nombreux, plus l’action aura de poids. J’attends aujourd’hui que les choses changent, plus de fluidité, moins de problèmes administratifs pour une case mal cochée, une communication pas faite entre les caisses. C’est aberrant. J’ai reçu hier le message d’une jeune femme dont le frère est mort à l’âge de 22 ans. Faute de carte de sécurité sociale, il est mort d’une embolie. Il avait mal à la jambe, il a pas pu se faire soigner, il est parti d’une embolie. Des cas comme ça, j’en reçois plein. »

Pour tous ceux qui veulent vous rejoindre, on donnera l’adresse du blog sur Europe1.fr

« Tout est expliqué sur le blog : « Pour Mathias, une carte était vitale ». Il y a l’adresse mail où envoyer les témoignages, tout sera remonté au Défenseur des droits pour que, je l’espère, les choses tournent dans le bon sens : dans l’avancée pour une simplification et une fluidification de ce système aberrant, ubuesque et qui peut se transformer en broyeur de vies, comme ça a été le cas pour moi. »

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INTERVIEW SUD RADIO

10 juillet 2014

(Cliquez sur le lien pour écouter)

Interview Véronique Picard pour Sud-Radio dans le 6-9h

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ARTICLE PARU DANS LES DERNIÈRES NOUVELLES D’ALSACE (DNA)

http://www.dna.fr/actualite/2014/07/10/faute-de-soins-appropries-faute-d-obtenir-sa-carte-vitale-un-jeune-diabetique-meurt-a-27-ans

Publiée le 10/07/2014 à 19:14  | Vu 6371 fois

Ses proches ont créé un blog pour collecter des témoignages Faute de soins appropriés, faute d’obtenir sa carte Vitale, un jeune diabétique meurt à 27 ans

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(Capture d’écran de la page d’accueil du site dédié à Mathias)

Mathias, un jeune homme né à Paris, qui s’était installé en Normandie, est mort la nuit du 16 au 17 février 2014, à son domicile en raison d’une aggravation de son état général liée à un diabète insulinodépendant. Depuis plus d’un an, il galérait pour faire valoir ses droits auprès de la Sécurité sociale. Ses proches ont créé un blog pour rassembler des témoignages et ont saisi le Défenseur des droits.

Mathias...

Mathias…

C’est une histoire incroyable que Véronique Picard, la mère du jeune homme de 27 ans décédé en février, a raconté à l’antenne d’Europe 1 ce jeudi 10 juillet. Une histoire qu’elle détaille aussi sur un blog mis en ligne pour témoigner d’un invraisemblable imbroglio administratif avec la Sécurité sociale et pour collecter des témoignages sur des situations identiques, en France. Depuis que ce blog a été créé, des dizaines de récits ont été postés.

Le fils de Véronique Picard était étudiant jusqu’en 2012. Il décide alors de changer de vie et se met en quête d’un travail. Il s’inscrit à Pôle Emploi, en Normandie.

Le jeune Mathias est aussi insulinodépendant depuis l’âge de 4 ans et soigné pour cela : une maladie qui nécessite des rendez-vous trimestriels avec un diabétologue et un bilan annuel approfondi. Car le diabète peut avoir de lourdes conséquences pour des organes vitaux s’il n’est pas correctement traité.

Pour continuer à bénéficier de ces soins dans de bonnes conditions, le jeune Mathias doit changer de régime et passer de la sécu étudiante au régime général. C’est là que tout se complique pour lui, en janvier 2013. Impossible de faire valoir ses droits auprès du régime général et d’obtenir la précieuse carte Vitale. Le jeune homme soigné sans souci depuis son plus jeune âge a disparu des fichiers… Le parcours administratif, raconté en détail sur le site qui est dédié à Mathias dure des mois et est semé d’embûches. Sa famille parisienne prend un temps ses soins en charge.

Finalement, les choses se débloquent le 14 février 2014. Le jeune obtient enfin l’établissement d’une carte Vitale et il doit voir un diabétologue le 26 du même mois. Mais en plus d’un an et en l’absence des habituels contrôles, son état s’est insidieusement dégradé : le jeune homme meurt, seul à son domicile en Normandie, la nuit du 16 au 17 février 2014.

Pour pointer un dysfonctionnement administratif récurrent

« Nous sommes aujourd’hui dans la douleur mais aussi dans la colère et nous souhaitons monter un dossier pour pointer un dysfonctionnement administratif récurrent car nous nous sommes aperçus, avec les témoignages spontanés reçus après son décès, que les difficultés à obtenir la réouverture des droits à la sécurité sociale après un changement de statut étaient fréquentes (étudiants, indépendants, etc…). Ces embûches administratives n’ont pas, pour le plus grand nombre une issue tragique comme celle que nous vivons, mais pour Mathias un accès facile à la santé était vital et ce drame n’aurait jamais dû arriver. Ce combat que nous menons est bien entendu aussi destiné à faire vivre la mémoire de Mathias dans l’esprit de tous », racontent ses proches sur le blog qu’ils ont créé.

« Notre objectif n’est pas de remettre en cause la qualité des soins en France ni la sécurité sociale dans son ensemble qui demeure un acquis social indéniable, mais d’informer et de nous battre pour montrer à quel point l’incohérence et la lourdeur de l’administration française, le manque de communication entre les différents acteurs des services pour les assurés sociaux, peuvent parfois se transformer en broyeur et briser des vies, comme cela a été le cas pour nous », insistent encore les proches du jeune Mathias.

Christian Bach

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LE FIGARO ÉTUDIANT.FR

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/la-grande-galere-des-etudiants-pour-rejoindre-le-regime-de-la-securite-sociale-6204/#page=1

La grande galère des étudiants pour rejoindre le régime de la Sécurité sociale

MEDECINE-SANTE-SOCIAL

Une fois leurs études terminées, les étudiants doivent constituer un dossier pour demander leur rattachement au régime général de sécurité sociale. Une démarche qui prend parfois des allures de parcours du combattant, et peut conduire à des situations dramatiques.

Plus d’un an pour s’inscrire au régime général de la sécurité sociale, un parcours du combattant qui a fini par coûter la vie à Mathias, jeune diabétique de 27 ans. Comme beaucoup d’étudiants, il a dû affronter un véritable parcours du combattant, une fois l’université quittée, pour conserver sa couverture sociale. Pour faire la lumière sur les dysfonctionnements qui ont pu conduire à cette situation, sa mère a saisi le défenseur des droits, qui instruit actuellement son dossier.

En théorie, l’inscription à la sécurité sociale étudiante est annuelle, et court du 1er octobre au 30 septembre. Une extension automatique de trois mois est prévue, pour «laisser le temps à chaque étudiant d’effectuer les démarches nécessaires», explique Annie Coutarel, directrice générale de la SMEREP. Mais une fois leurs études terminées, les étudiants doivent constituer un dossier pour être rattachés au régime général, qui les couvre alors, sans cotisations, pendant neuf mois. Pour que tout s’articule bien et continuer à bénéficier du tiers payant, les étudiants doivent faire leur demande à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) avant même leur sortie du régime étudiant. C’est là le hic, car peu sont au courant. Et c’est alors que débute la galère.

Des démarches peu connues

C’est ainsi qu’après avoir arrêté ses études à l’été 2012, Mathias découvre en se rendant à la pharmacie en janvier 2013 que ses droits ont été gelés. Sa mère expliquait ce mercredi sur Europe 1: «J’ai appelé la sécurité sociale étudiante, où on m’a dit que comme il avait arrêté ses études, il était radié d’office». Le jeune homme entame alors les démarches pour être rattaché au régime général, mais doit avancer les frais pour ses traitements en attendant que celui-ci soit effectif. Le délai moyen annoncé par la sécurité sociale, «6 à 8 semaines», n’est pas respecté, et les factures s’accumulent. Jusqu’à ce que, faute de suivi approprié, il fasse un malaise, fatal. Sa carte vitale arrivera deux semaines après son décès. Un cas dramatique qui relance le débat sur la complexité du système.

Si le cas de Mathias semble isolé de par sa gravité, elle ne l’est pas quant à la galère pour obtenir une carte Vitale. Car les étudiants sont nombreux à rapporter des problèmes comparables. Léa a découvert comme Mathias, «par hasard, à la pharmacie», qu’elle n’était plus couverte. «Mon pharmacien m’a expliqué la marche à suivre, mais pendant les deux mois où je ne bénéficiais pas du tiers payant, j’ai limité au strict minimum mes soins, je ne pouvais pas avancer les frais», raconte la jeune femme. «Je comprends qu’on nous tienne en partie pour responsable puisque nous n’avons pas effectuées les démarches à temps», explique Léa. «Mais comment peut-on le deviner? On pourrait peut-être réaliser une information sur les démarches à suivre.»

Vers la suppression du régime étudiant?

En pratique, celles-ci sont «accessibles», affirme Annie Coutarel, directrice générale de la SMEREP. «L’information sur la fin de droits est inscrite sur les décomptes de prestation, et relayée sur notre site Internet. On met tout en œuvre pour informer les étudiants, mais on ne peut pas savoir quand ils vont arrêter leurs études, et donc sortir du régime étudiant.» La marche à suivre est donc accessible à qui s’en inquiète. Le problème reste que beaucoup n’y pensent pas. «Je pensais que c’était automatique», reconnaît Léa, à qui il aura donc fallu une interruption de ses droits pour ouvrir un dossier auprès de la CPAM. Selon le Parisien, le ministère de la Santé reconnaît «des difficultés lors de l’inscription des étudiants, mais aussi à la sortie, car les processus d’affiliation/désaffiliation sont fortement sollicités», ajoutant par ailleurs que «les ex-étudiants tardent souvent à effectuer les démarches». Pour y remédier, «des réflexions visant à simplifier les règles d’affiliation ou de délivrance des cartes Vitale pourraient être engagées».

Jusqu’à envisager la suppression des mutuelles étudiantes? C’est ce que réclame la pétition lancée en janvier par UFC-Que Choisir et la Fédération des associations générales étudiantes, plaidant pour le rattachement des étudiants au régime général de la Sécurité sociale. Le 17 juin, le débat a été relancé par une proposition de loi de la sénateur UMP Catherine Procaccia, visant à supprimer la délégation de gestion du régime obligatoire dont les mutuelles étudiantes bénéficient.

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Lyon Capitale LYON CAPITALE

10/07/14, publication web

Mathias, mort du diabète car il n’avait pas de carte Vitale

Par Christelle Monteagudo

Véronique Picard a saisi le défenseur des droits au sujet du décès de son fils Mathias en février dernier. Elle a décidé de faire connaître son combat en mémoire de son fils, mort du diabète car il n’avait pas de carte Vitale. Elle a livré son témoignage ce matin sur Sud Radio. Elle a créé un site Internet, “Pour Mathias une carte était vitale”.

L’histoire débute en 2013, lorsque Mathias, âgé de 27 ans, après l’arrêt de ses études découvre qu’il n’est plus assuré. Les démarches à la CPAM se multiplient, mais le jeune homme n’a plus d’accès à l’insuline ou à un diabétologue. La gestion de son dossier s’avère longue, mais la maladie est bien présente. Il succombe au diabète, certains de ses organes s’étant détériorés. Dans son enquête, le Défenseur des droits examine les défaillances de l’Administration, mais aussi la prise en charge de l’hôpital. Le site Internet : “Pour Mathias, une carte était vitale”

 

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ARTICLE DU PARISIEN

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/mathias-est-mort-faute-de-carte-vitale-09-07-2014-3987621.php

Santé. Le casse-tête de la sécu à la fin des études

SANTÉ. Nombreux sont les jeunes qui se retrouvent plusieurs mois sans couverture sociale avant de retrouver le régime général. Pour Mathias, 27 ans, cela a été fatal.

EN CE DÉBUT D’ÉTÉ, des milliers d’étudiants s’apprêtent à entrer dans la vie active. Or le passage de la Sécurité sociale étudiante au régime général est loin d’être une promenade de santé. Sur les forums, ils sont nombreux à témoigner de leurs difficultés à rejoindre la Sécu classique. Ce régime spécifique, datant de 1948, a été délégué à
deux mutuelles étudiantes. D’un côté la LMDE (la Mutuelle des étudiants) mise sous administration provisoire lundi pour cause de difficultés financières. De l’autre dix mutuelles régionales, fédérées par le réseau EmeVia (ex-Union nationale des mutuelles étudiantes ré-gionales). Toutes deux gèrent ainsi les remboursements de la Sécurité
sociale aux étudiants.

Le changement de statut n’est pas automatique

« J’ai quitté l’université mais n’ayant pas été informée, j’ai pensé que le changement était automatique. Ce qui n’est pas le cas. Depuis, j’ai travaillé et me suis inscrite à Pôle emploi. Je suis restée six mois sans couverture sociale », déplore Emma. Du côté du ministère de la Santé, on reconnaît les couacs lors de la réaffiliation des étudiants au régime général. Ils sont 360 000 chaque année. « La durée d’affiliation au régime étudiant étant brève, les organismes gérant le Régime étudiant de la Sécurité sociale (RESS) connaissent un taux de rotation de leurs fichiers de l’ordre de 34 % par an. Ce taux entraîne des difficultés lors de l’inscription des nouveaux étudiants, mais aussi à la sortie car les processus d’affiliation/désaffiliation sont fortement sollicités, explique le ministère. Par ailleurs, il apparaît que les ex-étudiants tardent souvent à effectuer les démarches. » Le gouvernement souhaite lever ces difficultés et annonce « que des réflexions visant à simplifier les règles d’affiliation ou de délivrance des cartes Vitale pourraient être engagées. »

« Les démarches ne sont pas toujours compréhensibles, admet Anouch Zaroukian, trésorière de la LMDE. Nous mettons en place des actions pour les étudiants en fin de cursus et notamment l’envoi d’un courrier pour les informer. »

Pour éviter ces va-et-vient, des voix prônent la suppression de la Sécu étudiante et le maintien du régime général. C’est ce que réclamait d’ailleurs en janvier la pétition de l’association de consommateurs UFC-Que choisir et l’association d’étudiants de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes).

Mathias est mort faute de carte Vitale

C.M. | 9 juil. 2014, 07h00

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Cette carte verte, symbole de notre statut d’assuré social, était bel et bien vitale pour Mathias. A la fin de ses études, ce jeune homme de 27 ans, qui devait réintégrer le régime général de la Sécurité sociale, a dû faire face à un imbroglio administratif qui lui aura été fatal. Diabétique depuis l’âge de 4 ans, Mathias est décédé faute de traitement suffisant, quinze jours avant que sa carte Vitale ne soit réactivée. C’était dans la nuit du 16 au 17 février, dans son appartement de Normandie. Entre-temps, il se sera battu pendant plus d’un an pour prétendre à une prise en charge à la hauteur de sa maladie et au remboursement de ses soins, en vain.

« Il s’agit de montrer à quel point les lourdeurs de l’administration peuvent avoir des conséquences dramatiques »
Véronique, la mère de Mathias

Aujourd’hui, sa mère, Véronique, a ouvert un blog pour recueillir les témoignages de jeunes qui, eux aussi, se sont retrouvés plusieurs mois sans couverture sociale après avoir quitté leur Sécurité sociale étudiante*. Une enquête est également menée par le pôle santé du Défenseur des droits. Dysfonctionnements de la CPAM locale ? De l’hôpital où il était suivi ? Des deux ? A l’issue des conclusions, cette maman n’exclut pas d’engager une procédure judiciaire « pour que chacun soit mis face à ses responsabilités ». On ne saura pas le nom de la ville où Mathias s’était installé « pour ne pas entraver les investigations », justifie Véronique, qui est parisienne. « Il ne s’agit pas de tirer à boulets rouges sur la Sécurité sociale ni de remettre en cause la qualité des soins en France, mais d’informer pour montrer à quel point l’incohérence et la lourdeur de l’administration, le manque de communication entre les acteurs des services pour les assurés sociaux peuvent avoir des conséquences dramatiques. »

En septembre 2012, Mathias arrête ses études. Il veut travailler et s’installe dans une autre région. Sa Sécu étudiante prend fin en janvier 2013. Avec les soucis du déménagement, il ne pense pas à faire les démarches pour réintégrer le régime général. Il s’en rend compte fin janvier à la pharmacie, lorsqu’il veut obtenir son insuline. Il devra la payer comme de nombreuses autres boîtes. Soit environ 200 € par mois. Il dépose donc dans la foulée un dossier à la CPAM locale, pas de retour. Là-bas, on lui dit même qu’il n’est plus diabétique puisqu’il n’y a pas de trace de sa présence dans les fichiers. Il était pourtant pris en charge à 100% depuis toujours et n’avait jamais eu à se soucier de quoi que ce soit pour ses soins quotidiens. Boursier, il bénéficiait, pendant ses études, d’une CMU (couverture maladie universelle). Au centre d’action sociale, on lui remet un passe santé afin de pouvoir être reçu gratuitement à l’hôpital. Mais la situation n’est pas débloquée pour autant. Il y est accueilli par un médecin qui lui délivre son insuline, mais jamais par un diabétologue. Pas de surveillance donc des yeux, des artères, du cœur… Tout ce que le diabète peut abîmer.

« Mathias pensait pouvoir tenir le week-end en surveillant son alimentation »
Véronique, la mère de Mathias

On retrouvera son corps inanimé à côté d’une faible dose d’insuline. Son médecin était en vacances. « Mathias pensait pouvoir tenir le week-end en surveillant son alimentation et se rendre aux urgences si jamais ça n’allait pas, raconte sa mère. Se sentant mal, il s’est allongé mais ne s’est jamais réveillé ».

pourmathiasunecarteetaitvitale.com

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FocuSur

10/07/14, publication web

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Mathias, diabétique, est mort faute de carte vitale

Publié le 10 juil 2014 à 17h26 par Tara Deronzier

C’est un drame qui illustre bien le fiasco qu’est la sécurité sociale de nos jours. En effet, lorsque vous êtes étudiant vous dépendez de la sécurité sociale étudiante. Jusque là tout va bien, vous cotisez tous les ans et tout est remboursé sur votre compte bancaire. Mais lorsque vous devez passer au régime classique, le chemin s’avère être une véritable quête du Graal ! C’est le cas de Mathias, 27 ans, qui est décédé car il n’avait pas de carte vitale, faute de la sécurité sociale dont les procédures sont bien trop longues.

Il est mort car il n’avait pas de carte vitale Saviez-vous que lorsque vous n’êtes plus étudiant, le changement de régime ne se fait pas automatiquement ? Vous devez batailler avec eux pour remplir tous les papiers afin de réintégrer un régime normal. Ils sont 360 000 chaque année à se retrouver pendant 6 à 8 mois sans couverture sociale. Trouvez-vous cela normal que ce soit le parcours du combattant pour accéder à des soins remboursés en France ? Ce seraient la faute des étudiants qui tardent à faire les démarches. Mais le gouvernement assure qu’il va se poser les bonnes questions afin de réduire les délais d’affiliation au nouveau régime social. Pour éviter de telles frasques, certaines personnes demandent de supprimer la sécurité sociale étudiante et de maintenir le régime normal quoi qu’il arrive. C’est vrai que ce serait plus simple quand même. C’est le cas de Mathias, 27 ans, diabétique, qui avait vraiment besoin de cette carte (vitale, comme la sécurité sociale nous le dit si bien). Le jeune homme est décédé car il ne pouvait justifier son droit à avoir des soins remboursés. Malade depuis l’âge de 4 ans, Mathias nécessitait des soins coûteux et réguliers. Sans carte vitale, le traitement était difficile à obtenir. Il dépensait 200 euros par mois pour ses boites d’insuline. Une forte somme d’argent lorsque l’on cherche du travail. Il s’est éteint deux semaines avant que sa carte vitale ne soit renouvelée. En effet, l’insuline ne guérit pas un diabétique. Si le patient n’est pas surveillé par des spécialistes, il a de forts risques que sa maladie prenne le dessus. Le manque de communication entre les acteurs de la sécurité sociale et les frasques du système ont eu raison de Mathias. Il est grand temps que le gouvernement prenne conscience de ce problème. La mère de Mathias a ouvert un blog pour recueillir les témoignages de jeunes qui, eux aussi, se sont retrouvés plusieurs mois sans couverture sociale après avoir quitté leur Sécurité sociale étudiante. Une enquête est également menée par le pôle santé du Défenseur des droits.

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De la carte étudiant à la carte Vitale, un parcours du combattant

Publié le : 9 Juillet 2014 par Cécile Coumau

Les imbroglios administratifs peuvent avoir des conséquences dramatiques. C’est le cas du passage de la Sécurité sociale étudiante au régime général. Le Parisien en apporte une terrible démonstration avec le cas de Mathias, 27 ans, qui est « mort faute de carte Vitale ».


En effet, chaque année, 360 000 jeunes basculent du régime étudiant au régime général, mais le changement n’a rien d’automatique. Résultat : plusieurs ex-étudiants tardent à faire les démarches, et de leur côté, les mutuelles ne leur facilitent pas la tâche. « Les démarches ne sont pas toujours compréhensibles, admet Anouch Zaroukian, trésorière de la LMDE, dans les colonnes du Parisien. Nous mettons en place des actions pour les étudiants en fin de cursus, et notamment l’envoi d’un courrier pour les informer. »


Mais être privé de couverture sociale peut s’avérer fatal, comme le démontre l’histoire de Mathias. A 27 ans, il est diabétique depuis l’âge de 4 ans. A ce titre, il bénéficie d’une prise en charge à 100 % de ses soins. Mais, comme beaucoup de jeunes, il n’effectue pas les démarches nécessaires à la fin de ses études pour décrocher la carte Vitale. Quand il doit débourser 200 euros à la pharmacie, et ce, chaque mois, il dépose son dossier à la CPAM, mais aucune trace de Mathias et de sa maladie chronique. Il tente de se soigner tant bien que mal, mais faute de pouvoir consulter un médecin spécialiste, son diabète fait des dégâts. « Mathias pensait pouvoir tenir le week-end en surveillant son alimentation et se rendre aux urgences si jamais ça n’allait pas, raconte sa mère à la journaliste du Parisien. Se sentant mal, il s’est allongé, mais ne s’est jamais réveillé ». La fameuse carte verte est arrivée deux semaines trop tard. 


Faciliter les démarches administratives semble donc urgent, à moins que le régime de Sécurité sociale étudiante ne soit purement et simplement supprimé au profit du maintien du régime général. Des associations de consommateurs le réclament déjà. De son côté, la mère de Mathias a créé un blog et lance un appel à témoignages pour que son fils ne soit pas mort pour rien.

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MEDIAPART

Le blog de LEHMANN Christian  le 05/07/14

De la MNEF à la Mutuelle des Etudiants: à qui profite le crime? 0

En ce jour où sont dévoilés les résultats du baccalauréat, coup de tonnerre dans le monde feutré et volontiers opaque de l’assurance-santé : La Mutuelle Des Etudiants ( LMDE) est placée sous administration provisoire. C’est la sanction d’une gestion calamiteuse dénoncée par la Cour des Comptes et Que Choisir ( entre autres) et par nombre de professionnels de santé ou d’étudiants. Mais au-delà de cette sanction, le placement sous administration provisoire de la LMDE soulève de graves questions politiques, tant les accointances entre certains élus socialistes et la direction de cette mutuelle étudiante posent problème. L’affaire n’est pas neuve. Elle a éclaté dans les années 1990 quand la LMDE s’appelait la MNEF, et nombre de hiérarques socialistes y ont trempé, et émargé, comme me le rappelle le docteur Stéphane Fraize, qui fut président de la section Alsace de la MNEF, et contribua avec d’autres à dénoncer alors le système mafieux dans lequel s’était engluée cette mutuelle sensée destinée à rembourser les soins aux étudiants.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Il faut savoir ( ce que beaucoup d’étudiants et de parents d’étudiants ignorent) qu’il existe en France un système très particulier et complexe. Lorsqu’un enfant devient étudiant, il est « viré » automatiquement de la « Sécu » de ses parents ( que celle-ci soit la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie, la Mutualité Sociale Agricole ou le Régime Social des Indépendants) et affilié d’office à une « mutuelle » étudiante. Que les parents ou le jeune le veuillent ou non, ils quittent alors le giron de la Sécu et leurs soins, pour la partie habituellement prise en charge par le régime obligatoire, sont en théorie !!!! remboursés par cette « mutuelle » qui leur propose aussi de fonctionner conjointement en tant que régime complémentaire. ( J’en vois qui ne suivent pas : l’Assurance-Maladie rembourse en général la part obligatoire RO : 70% du tarif de l’acte – soit par exemple 16,10 euros sur une consultation à 23 euros- et la complémentaire rembourse le restant RC, soit 6,90 euros. En théorie.) Ce que les deux mutuelles étudiantes existantes, LMDE et SMEREP, se gardent bien d’expliquer aux étudiants lorsque leurs jeunes VRP les accrochent à leur inscription en fac, c’est que s’ils doivent choisir une de ces deux enseignes, c’est uniquement en tant que régime obligatoire, et que complémentaire est facultatif : autrement dit qu’ils ne sont absolument pas forcés de les choisir comme mutuelle et de payer pour ça ! L’Assurance-Maladie rémunère LMDE et SMEREP pour gérer à sa place le régime obligatoire ( c’est ce qu’on appelle une délégation de gestion) et ces deux enseignes tentent de pousser les étudiants à s’affilier aussi chez elles en tant que mutuelle car c’est sur cette cotisation qu’ils comptent pour assurer leurs comptes.

Des étudiants mal remboursés, sous couvert d’un militantisme autoproclamé

Là où l’affaire se corse, c’est que le passage de la Sécu parentale à la Sécu étudiante ne se fait pas sans problème. Des dossiers sont égarés, doivent être refaits plusieurs fois. Des informations cruciales, comme le nom du médecin traitant désigné, sont à refaire ( et ce sera à nouveau le cas quand l’étudiant retournera au régime général). Des remboursements en Carte Vitale, en tiers-payant par exemple, sont retoqués. Tout ceci a des conséquences, des conséquences préoccupantes sur la santé des étudiants, et leur accès aux soins. Nombre de médecins pourront corroborer mes dires : confrontés à des difficultés de remboursements, beaucoup d’étudiants saoûlés par les questions administratives et les réponses téléphoniques bidon laissent tomber, et repoussent des soins. Quand on est jeune, pas blindé de tunes, et qu’on ne sait pas si on sera remboursé, ou qu’on a essuyé la mauvaise humeur d’un médecin qui pour la énième fois s’est fait escroquer sur le paiement des soins qu’il ou elle a effectué en tiers-payant partiel ou intégral pour faciliter l’accès aux soins, on n’y revient pas, tout simplement. Pour justifier cette usine à gaz, et leur existence, les « mutuelles » étudiantes ne cessent de pérorer sur la nécessité d’une protection et d’une pérennisation d’un accès aux soins spécifique pour les étudiants, et insistent dans leurs professions de foi sur leur combativité militante.

De piteux gestionnaires à la recherche de bouc-émissaires

Pourfendant les atteintes à l’accès aux soins, elle ne cessent de dresser des constats alarmants, complaisamment repris par ceux qui ont tout intérêt à accuser les professionnels de santé, ministres et futurs administrateurs de réseaux mutualistes en tête. Comme le dénonce avec efficacité Xavier Gouyou-Beauchamps de l’Union Des Chirurgiens de France dans une vidéo, le foutage de gueule n’a pas de limites. On y voit Marisol Touraine, hors-sol, affirmer devant le public réuni au congrès de la Mutualité Française en 2012, et devant son président Etienne Caniard, que « d’après la LMDE, 34% des étudiants ont reporté la consultation d’un médecin dans les douze derniers mois« . Etrangement, la ministre omet de noter ce que révèle le rapport de la Cour des Comptes: « seulement un quart des étudiants déclarent de fait avoir bénéficié d’une carte Vitale en état de fonctionnement moins d’un mois après leur affiliation quand 10% n’en étaient toujours pas dotés neuf mois plus tard ». A de multiples reprises, la LMDE, et en moindre mesure la SMEREP, ont été fustigées pour ces retards, et une gestion qui laisse à désirer.

Les adhérents de la MGEN épongent les pertes à l’insu de leur plein gré L’an dernier, il avait fallu adosser la LMDE à la Mutuelle Générale de l’Education Nationale ( MGEN) sans d’ailleurs en avertir les cotisants, comme le dénonce Yvon Le Flohic. Mais cela n’a pas suffi. D’autant qu’en cours d’année, comme les années précédentes, des étudiants ont continué à se plaindre: dossiers en retard, dossiers pas traités, remboursements partiels ou inexistants.

L’une de mes patientes ( ce n’est qu’un exemple, le plus parlant certes, au milieu de beaucoup d’autres), une jeune femme en affection longue durée nécessitant un traitement médicamenteux lourd, n’a pu pendant toute l’année scolaire 2013-2014 se soigner que parce que ses parents ont avancé chaque mois le millier d’euros que coûte son traitement. D’autres bénéficient de la gentillesse d’un pharmacien qui accumule ainsi des impayés qui peuvent fragiliser sa trésorerie, d’autant que d’année en année le patient peut être perdu de vue, le dossier ne pas aboutir ( Oui, je sais, ça fait marrer les cons, l’idée qu’un pharmacien puisse dépanner un patient ou avoir des difficultés financières).

Pourquoi pérenniser cette gabegie?

Si cette histoire était celle que racontent les administrateurs de la LMDE, parmi lesquels il y a certainement beaucoup de braves gens qui n’en peuvent mais ( et de bénévoles à 2200 euros par mois…), ce serait triste, mais on ne verrait pas vraiment ce qui retiendrait de fermer ce système trop complexe et de faire revenir les étudiants dans le régime commun de l’Assurance- Maladie. D’autant que je n’ai jamais saisi en quoi la santé d’un « étudiant » devrait être gérée ou protégée différemment de celle d’un jeune qui n’a pas eu l’envie ou l’opportunité de poursuivre des études après le collège ou le lycée. Si on pourrait à la rigueur arguer sur la nécessité d’actions permettant un accès aux soins facilité aux jeunes, il n’y a aucune raison de faire un distinguo entre l’étudiant et le jeune qui travaille ou qui n’a pas trouvé un emploi… Les représentants de la LMDE sentaient venir la tempête. Début Juin, ils dénonçaient la menace qui planait sur leur régime, amalgamant sans problème « les jeunes » et « les étudiants », prenant acte des reculs sociaux de François Hollande et de ses gouvernements, mais pour insinuer que toute décision de remise en cause serait dûe à une simple volonté comptable… et n’hésitant pas à demander « le retour à un opérateur unique de gestion du régime étudiant », autrement dit à cannibaliser la SMEREP née d’une scission lors de l’affaire de la MNEF, SMEREP dont la gestion est pourtant un peu moins problématique que celle de la LMDE… et qui, elle, ne traîne pas un nombre de casseroles politiques impressionnant… Car nous arrivons à l’os. L’affaire de la LMDE, comme l’affaire de la MNEF avant elle, n’est pas seulement une affaire de gestion calamiteuse. La MNEF a servi de vache à lait à maints hiérarques socialistes. La LMDE est soupçonnée par la Cour des Comptes et Que Choisir de ne pas fonctionner très différemment.

Basse-cour « socialiste » nourrie au grain

Que Choisir révèle opportunément que Laurence Rossignol, l’actuelle Secrétaire d’Etat à la Famille et aux personnes âgées a été salariée pendant 18 ans par la LMDE pour un emploi qu’on semble pouvoir aisément qualifier de…. discret. Combien de hiérarques socialistes ont-ils ainsi émargé dans ce système «mutualiste», qui sait au moins se montrer «solidaire» envers ses amis? Ce sont des questions qu’on pourrait poser à Jean-Christophe Cambadélis, hiérarque parachuté à la direction du Parti Socialiste lors de l’exfiltration du pathétique Harlem Désir pour mener à la schlague les récalcitrants au Pacte de Solidarité. Jean-Christophe Cambadélis, impliqué dans le scandale de la MNEF, en a même tiré un livre. Des questions qu’on pourrait aussi poser au fanfaron Bruno Le Roux, autre porte-flingue qui menace les députés timidement frondeurs à l’Assemblée nationale. Bruno Le Roux qui fut vice-président de la MNEF. Ou à Fanélie Carrey- Conte, l’une de ces frondeuses justement ( qui fut administratrice de la LMDE et a été rapporteur de la fameuse loi dudit Le Roux poussant à créer des réseaux de professionnels de soins à la botte des mutuelles.

Vous avez dit conflits d’intérêt? Noooooon, les conflits d’intérêt, c’est pour le clampin de généraliste corrompu qui accepte un stylo à 11,20 euros de la part d’une plantureuse représentante des firmes pharmaceutiques. Parce que si l’histoire de la LMDE est « simplement » l’illustration de l’habitude bien française de créer des usines à gaz, selon l’adage Shadok qui veut que « Pourquoi faire simple quand tout peut être compliqué? », on peut se contenter de hausser les épaules, de contempler d’un air affligé les petites et grandes souffrances, les retards d’accès aux soins des jeunes étudiants. Mais si l’histoire de la LMDE cache autre chose, des emplois fictifs, par exemple, ou des rémunérations de dirigeants sans commune mesure avec leur activité réelle, alors il faudra bien poser la question: qui est responsable de cette situation? qui en a profité? qui a laissé pourrir aussi longtemps qu’il était humainement possible, et même au-delà? A qui, en somme, a profité le crime?

Opacité organisée, complexité mortelle

Mathias avait 27ans. Lorsqu’il a cessé ses études pour entrer dans la vie active, la LMDE l’a radiée. Ensuite… ensuite c’est sa mère qui raconte, sur son blog. L’histoire d’un jeune qui quitte la Sécu parentale pour être affilié comme étudiant, qui lorsqu’il cesse ses études se retrouve pris dans un imbroglio administratif, et décède. De source officieuse, j’apprends que des administrateurs de la LMDE se plaignent du tarif de la délégation de gestion accordée par l’Assurance-maladie, qu’ils jugent trop faible… et qu’ils expliquent leurs chroniques difficulté de trésorerie par le fait que les réserves financières de la MNEF dont devait bénéficier la LMDE à sa création se seraient volatilisées. C’est ballot, hein? Et il n’y a aucun ancien représentant de la MNEF à qui demander des éclaircissements au gouvernement ou à l’Assemblée Nationale, c’est dommage… Ah, on me glisse dans l’oreillette qu’il y en a plusieurs. Je dis ça, moi, je dis rien. Dans un pays qui se glorifie à juste titre d’avoir depuis peu une justice réellement indépendante des pouvoirs politiques, JE-DIS-RIEN.

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ARTICLE PUBLIE SUR 20 MINUTES

Lire l’intégralité de l’article sur :

http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2014/07/04/lmde-901715.html

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? 

Il faut savoir (ce que beaucoup d’étudiants et de parents d’étudiants ignorent) qu’il existe en France un système très particulier et complexe. Lorsqu’un enfant devient étudiant, il est « viré » automatiquement de la « Sécu » de ses parents (que celle-ci soit la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie, la Mutualité Sociale Agricole ou le Régime Social des Indépendants) et affilié d’office à une « mutuelle » étudiante. Que les parents ou le jeune le veuillent ou non, ils quittent alors le giron de la Sécu et leurs soins, pour la partie habituellement prise en charge par le régime obligatoire, sont en théorie !!!! Remboursés par cette « mutuelle » qui leur propose aussi de fonctionner conjointement en tant que régime complémentaire…

Opacité organisée, complexité mortelle

Mathias avait 27ans. Lorsqu’il a cessé ses études pour entrer dans la vie active, la LMDE l’a radiée. Ensuite… ensuite c’est sa mère qui raconte, sur son blog. L’histoire d’un jeune qui quitte la Sécu parentale pour être affilié comme étudiant, qui lorsqu’il cesse ses études se retrouve pris dans un imbroglio administratif, et décède.

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TRIBUNE PARUE DANS

LE PLUS DU NOUVEL OBS

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1220013-plus-de-secu-pas-assez-l-insuline-j-avais-un-fils-pour-lui-la-carte-etait-vitale.html

Plus de Sécu, pas assez d’insuline… J’avais un fils. Pour lui, la carte était vitale

LE PLUS. Mathias est décédé en février à l’âge de 27 ans. Diabétique insulinodépendant, il n’a pas pu bénéficier d’un suivi nécessaire suite à de nombreux dysfonctionnements administratifs. C’est ce que dénonce sa mère, Véronique Picard, qui a lancé un appel à témoignages pour les étudiants en fin de droits de sécurité sociale. Témoignage.

Édité et parrainé par Rozenn Le Carboulec

Mathias...

Mathias…

Mathias Picard, diabétique insulinodépendant, est décédé à 27 ans (DR)

Mon fils Mathias a intégré la fac sur le tard, il avait un don pour l’écriture mais il se cherchait encore. C’est après un long séjour au Danemark pour perfectionner son anglais qu’à son retour, il s’est inscrit à l’université de Rennes. Il ne voulait pas entendre parler de Paris où j’habite, préférant vivre dans une ville à taille plus humaine.

Il avait gardé du Danemark le souvenir d’un pays où tout coule de source, où les démarches administratives sont simplifiées, bref où les gens ne cherchent pas midi à quatorze heures et cela lui convenait, il privilégiait les relations humaines fiables et sincères, sa parole donnée faisait office de signature et sa confiance accordée était indéfectible. Il me disait souvent qu’éventuellement, il ne lui déplairait pas de retourner au Danemark pour y vivre.

À l’été 2012, il a choisi d’arrêter ses études, Mathias avait l’âme d’un autodidacte et il voulait devenir journaliste. Il s’est alors installé en Normandie où réside notre famille. Mais avant de trouver un emploi dans la presse, il voulait travailler, financièrement il en avait besoin… Il s’est donc inscrit à Pôle Emploi.

N’étant plus à la fac, sa Sécurité sociale étudiante s’est arrêtée en janvier 2013. Et c’est là que tout a basculé…

Mon fils était complètement sorti du système

Depuis l’âge de 4 ans et demi, Mathias était diabétique insulinodépendant. En France, quand on a une maladie dont la vie dépend, on est pris en charge à 100%. C’était le cas pour lui depuis toujours, nous n’avions jamais eu à nous soucier de quoi que ce soit pour ses soins quotidiens et pour le suivi de sa maladie qui n’est pas handicapante quand elle est traitée et bien surveillée.

Mathias a donc immédiatement déposé un dossier à la Sécurité sociale, il a attendu deux mois, pas de réponse. Je les ai moi-même appelés, la situation devenant inquiétante pour son suivi médical. Après quoi, mon fils a demandé à voir un conseiller qui lui a dit qu’il était sorti de leur fichier et donc qu’il n’était plus considéré comme diabétique !

Un nouveau formulaire à remplir lui a été remis. Il était complètement sorti du système… Pas de couverture sociale, donc pas de possibilité de trouver un travail.

Pour compliquer encore plus la situation, pendant ses études il avait fait des petits jobs ponctuels pour la mairie de Paris et ça les embrouillait encore plus… La mairie de Paris a un statut à part qui ne dépend pas de la CPAM. Même les petites indemnités chômage auxquelles il avait droit pour ce job d’étudiant, Pôle Emploi ne pouvait pas les prendre en charge, c’était à la mairie de Paris de le faire. Il les a obtenues, mais après quoi, il n’a pas pu récupérer le RSA, solution qui aurait pu être provisoire puisqu’il souhaitait avant tout travailler.

Mais tout fait boule de neige quand vous êtes pris dans les méandres de l’administration qui vous adresse des fins de non-recevoir : vous ne rentrez pas dans les cases, c’est pas moi c’est l’autre… Cependant nous restions confiants, on est en France et il demandait juste la carte verte, celle que l’on dit vitale…!

Et pour un diabétique elle l’est vraiment, sa vie en dépendait…

Il ne pouvait pas bénéficier du suivi nécessaire

Les mois passaient, il re-déposait des dossiers à la CPAM, mais toujours pas de réponse. Mon fils était complètement sorti des circuits. Il s’occupait en écrivant durant des journées entières ou en aidant mes parents dans l’entretien de leur jardin mais il tournait en rond, se sentait usé, le stress le gagnait chaque jour, et le stress ce n’est pas bon du tout pour le diabète.

Pendant ce temps, nous payions nous-même le médecin et l’insuline. Mais faute de Sécu, il n’avait plus le suivi nécessaire que tout diabétique doit avoir au moins une fois par an en hospitalisation de jour durant une semaine pour surveiller ses yeux, ses artères, son cœur… tout ce que le diabète peut abîmer.

Sa dernière hospitalisation datait de février 2012 au CHU de Rennes et nous étions déjà en août 2013.

Nous étions ensemble lorsque les JT ont parlé d’un homme qui s’était immolé devant sa CAF faute d’obtention du RSA pour des raisons administratives. Nous nous sommes regardés, c’est à ce moment-là que nous avons perdu confiance face au broyeur des dysfonctionnements de l’administration, avec l’impression d’essayer d’obtenir le laissez-passer A-38 dans la maison qui rend fou des « 12 travaux d’Astérix »…

Plus de Sécu étudiante, pas de carte vitale…

Mon fils s’est donc rendu dans un centre d’action sociale, pour faire avancer ses démarches, mais là encore, son « cas » était trop complexe, plus de Sécu étudiante, pas de carte vitale, le statut de la mairie de Paris… Il leur demandait la lune !

Pour toute solution, ils lui ont remis un pass santé pour qu’il soit reçu gratuitement à l’hôpital. Nous pensions qu’il avait enfin une garantie de secours en attendant mieux, mais il n’a pas été reçu par un diabétologue, juste un médecin qui lui a prescrit de l’insuline, le minimum… Et toujours pas d’hospitalisation de jour.

En janvier 2014, ce médecin s’est enfin décidé à lui donner un rendez-vous pour le 26 février avec un diabétologue du CHU. Entre temps, début décembre, nous avions fait le point ensemble sur cette année terrible. Je lui ai proposé de garder son studio en Normandie pour son indépendance le week-end et de revenir sur Paris durant la semaine, où je lui avais trouvé des pistes de travail.

Mais avant de me rejoindre, Mathias voulais régler cette histoire de Sécu, il ne voulait pas rater un job faute d’une réouverture de ses droits à la santé…

Heureusement, pour une fois, il est tombé sur quelqu’un qui a tout compris : l’assistante sociale du CHU. Elle a réussi à débloquer l’imbroglio administratif de son dossier et à lui avoir un rendez-vous avec un responsable de la Sécurité sociale.

Mon fils s’y est rendu le vendredi 14 février, tous ses droits allaient être rouverts après plus d’un an de galère, il fallait juste attendre trois semaines pour que la carte soit validée, la vie s’ouvrait à nouveau devant lui et il avait immédiatement pris un rendez-vous en diabétologie dans un hôpital parisien pour le mois de mars.

« Pour avoir enfin une bonne reprise en main ! », m’a t-il dit tout heureux.

Ce même jour, il s’est rendu au CHU via le pass santé pour que le médecin lui fournisse son insuline, mais celui-ci était en vacances… Aucune autre solution ne lui a été proposée avant une semaine.

L’absence d’examens a fait insidieusement son œuvre

En contrôlant son alimentation et en faisant de l’exercice pour économiser l’insuline qui lui restait, il a pensé qu’il pouvait tenir le week-end et se rendre aux urgences si jamais ça n’allait pas.

Le dimanche 16 en fin d’après-midi, il était en pleine forme, il était chez mes parents comme chaque dimanche et s’apprêtait à rentrer chez lui avec un steak salade pour tout repas, il plaisantait au téléphone, me rassurant en me disant qu’il irait aux urgences au cas où, et que mes parents lui avaient donné de l’argent si besoin. Je ne me suis pas inquiétée, mon fils avait toujours su gérer son diabète et c’était un jeune adulte responsable.

Une fois seul chez lui, il a vomi, c’était la semaine des gastros, il a annulé une soirée prévue avec son cousin, s’est allongé le temps que ça passe et s’est endormi. Mais ce n’était pas une gastro, le temps écoulé depuis les derniers examens approfondis effectués à l’hôpital de Rennes en 2012 avait fait insidieusement leur œuvre, sans que rien ne le laisse présager…

Ses papiers de Sécurité sociale sont arrivés… trop tard

J’avais un fils, il s’appelait Mathias.

Le 28 mars 2014, il aurait eu 28 ans, il avait la tête sur les épaules, des rêves plein la tête et la vie devant lui. Il était un garçon merveilleux, c’était quelqu’un de bien. Mais il ne s’est pas réveillé ce soir-là, il est mort faute d’avoir eu assez d’insuline sur le long terme, faute d’avoir eu un suivi approprié à son diabète depuis plus d’un an… faute de carte vitale, vitale…

Tous ses papiers de Sécurité sociale sont arrivés deux semaines plus tard…

En mars, j’ai saisi le pôle santé du Défenseur des droits afin qu’ils enquêtent et que je connaisse la vérité, cette enquête devrait aboutir fin juillet. Nous avons aussi décidé de créer un blog dédié à Mathias pour raconter le parcours du combattant qu’il a mené afin de récupérer ses droits fondamentaux à la santé.

Nous sommes aujourd’hui dans la douleur et je suis inconsolable. Nous souhaitons monter un dossier pour pointer les dysfonctionnements administratifs récurrents car nous nous sommes aperçus, avec les témoignages spontanés reçus après son décès, que les difficultés à obtenir la réouverture des droits à la Sécurité sociale après un changement de statut étaient fréquentes (étudiants, indépendants, etc…).

Pour mon fils et moi il est trop tard, mais vos témoignages peuvent nous aider à faire bouger les choses dans le bon sens puisque ce dossier sera remis au Défenseur des droits. Ce combat que nous menons est bien entendu aussi destiné à faire vivre la mémoire de Mathias dans l’esprit de tous.

Si vous aussi, ou vos enfants n’ont pas récupéré immédiatement leur carte vitale après leur statut d’étudiant, ou après tout autre changement de statut, merci de m’en faire part soit directement sur notre blog soit à l’adresse mail : pourmathias.appelatemoinvital@outlook.fr. Tous les témoignages sont publiés anonymement.

Afin de respecter notre douleur, nous demandons qu’aucune récupération politique ne soit faite autour de ce drame.

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L’EXPRESS.FR

: http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/mathias-diabetique-sans-carte-vitale-est-il-mort-de-negligences_1555962.html

Mathias, diabétique sans carte vitale, est-il mort de négligences?

Par Cécile Casciano, publié le 01/07/2014 à 18:23, mis à jour à 18:43

Le jeune homme de 27 ans, diabétique insulino-dépendant a-t-il été victime de dysfonctionnements administratifs et médicaux? La mère du jeune homme, décédé en février dernier, a saisi le Défenseur des droits. Récit.

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Le 14 février dernier Mathias sort d’un rendez-vous le cœur léger. Après plus d’un an sans sécu et de nombreux rebondissements administratifs, le jeune homme vient d’apprendre par un conseiller de l’Assurance maladie que ses droits seront ouverts trois semaines plus tard. Le jeune homme n’en bénéficiera jamais: il est mort chez lui deux jours plus tard, dans la nuit du 16 au 17 février.

Depuis, Véronique cherche des réponses. Comment son fils a-t-il pu mourir d’un diabète avec lequel il vivait depuis ses quatre ans et demi? Elle a créé un blog où elle raconte le parcours du combattant de ce jeune homme de 27 ans pour obtenir la précieuse carte vitale -et surtout son affiliation à la CPAM. Un sésame d’autant plus utile que Mathias, insulino-dépendant, doit régulièrement se faire des injections.

Contactée par L’Express, sa mère raconte une série de dysfonctionnements dans la prise en charge de son fils et évoque la « non-assistance à personne en danger ». Elle a saisi le pôle santé du Défenseur des droits qui examine actuellement son dossier, classé prioritaire. « Mathias voulait être journaliste et était pressé de travailler, se souvient-elle. A la rentrée 2012, il décide de ne pas poursuivre ses études de communication et quitte Rennes pour s’installer en Normandie. Tout se complique en janvier, lorsqu’il reçoit un papier de radiation de sa sécurité sociale étudiante, la LMDE. »

Un ubuesque parcours administratif

L’enfer commence là: la mère de Mathias retrace un ubuesque parcours administratif. Elle décrit les nombreuses démarches entreprises auprès de la sécu et les dossiers envoyés par son fils, sans qu’il parvienne à obtenir son affiliation. « Il n’a pas voulu que nous allions ensemble faire un scandale à la CPAM. Il avait quand même 27 ans, je n’ai pas voulu insister ».

« En septembre 2013, il voit même une assistante sociale incapable de comprendre son dossier, trop compliqué. Elle lui remet quand même un pass santé pour qu’il puisse se rendre à l’hôpital et obtenir l’insuline dont il a besoin. C’est ce que l’on donne aux indigents », lâche sa mère, qui l’aide à payer ses doses en l’absence de remboursement.

« Ne t’inquiète pas maman »

A partir de ce moment-là, Mathias peut voir un médecin chaque mois à l’hôpital et obtenir de l’insuline auprès de la pharmacie de l’établissement. Début 2014, il rencontre une autre assistante sociale qui lui décroche un rendez-vous avec un responsable de la sécu locale, le jour de la Saint-Valentin. A l’issue du rendez-vous, tout semble s’arranger. Mathias a obtenu l’assurance d’obtenir son affiliation.

Il raconte à sa maman être allé à l’hôpital dans la foulée, mais n’avoir pu voir le médecin habituel, qui était en vacances. Visiblement, le jeune homme pensait pouvoir tenir jusqu’au prochain rendez-vous en économisant son insuline. Il avait rassuré Véronique: « Ne t’inquiète pas, je vais contrôler mon alimentation, faire du sport et au moindre problème je vais aux urgences ». « Je me sens tellement coupable de l’avoir écouté ce jour-là », dit-elle aujourd’hui, la voix chargée d’émotion.

Deux jours plus tard, ses grands-parents trouvent le jeune homme en pleine forme. Ils mangent ensemble puis rentre chez lui. Ce dimanche-là, Mathias vomit mais ne s’inquiète pas: c’est la saison des gastros. Sa maman retrouvera plus tard dans son téléphone un texto prévenant ses amis qu’il annule la sortie prévue ce soir-là.

« Une glycémie beaucoup trop élevée »

Mathias est mort dans la nuit du dimanche au lundi. « On ne connaîtra jamais vraiment la cause du décès, affirme Véronique. Les analyses de sang pratiquées suggèrent qu’il a manqué d’insuline, mais cela ne suffit pas à expliquer sa mort. » L’hôpital* a-t-il délivré suffisamment d’insuline à son fils? Pourquoi Mathias n’a-t-il pas été hospitalisé « malgré une glycémie beaucoup trop élevée » constatée lors de sa dernière consultation en janvier? La mère de Mathias attend beaucoup de réponses de l’enquête menée par le pôle santé du Défenseur des droits.

La partie médicale du dossier, concernant la prise en charge à l’hôpital, devrait être finalisée fin juillet. Le dossier comporte aussi un volet administratif, qui tente d’établir s’il y a eu des dysfonctionnements au sein de l’Assurance maladie. Contactée par L’Express, l’institution dit prendre cette affaire très au sérieux et souligne qu’elle est « en train de communiquer l’ensemble des éléments dont elle dispose au Défenseur des droits dans le cadre de l’enquête en cours ».

Quant aux papiers de la sécu que Mathias attendaient, ils sont bien arrivés dans sa boîte aux lettres. C’est Véronique, la maman de Mathias, qui a ouvert l’enveloppe de la CPAM, reçue deux semaines après la mort du jeune homme.

* Contacté par L’Express, le groupe hospitalier n’a pas pu confirmer que Mathias se rendait dans l’un de ses établissements, invoquant le secret médical.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/mathias-diabetique-sans-carte-vitale-est-il-mort-de-negligences_1555962.html#w8eOlPIPjjteikyY.99

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LE CLUB MEDIAPART

http://blogs.mediapart.fr/blog/annie-lasorne/280614/pour-mathias-que-ca-ne-se-reproduise-pas

EN RÉPONSE A MON BLOG

Pour Mathias ! Que ça ne se reproduise pas

28 juin 2014 |  Par Annie Lasorne

Particulièrement émue par le billet de Véronique Picard, la maman de Mathias, qui est décédé en France, faute de carte vitale…

http://blogs.mediapart.fr/blog/veronique-picard/140614/en-france-une-administration-vitale

Je me fais le relais (après d’autres d’ici, qui me l’ont intelligemment et sensiblement envoyé) de la pétition en cours, pour que d’autres parents ne subissent pas inutilement cette douleur atroce et irréparable !

Faites circuler pour aider Véronique dans douleur, pour aider tous les malades ou futurs accidentés, vous, moi, vos propres enfants, vos amis, vos voisins, tous nos concitoyens, les humains. Pour que cesse ces indifférences administratives et humaines, mortifères et tellement stupides.

Quelques secondes de votre temps suffiront peut-être, par notre solidarité et compassion à sauver quelques vies si précieuses et fragile. Un peu d’amour dans un monde de plus en plus brutal.

Annie Lasorne

Chers parents et amis, je viens de créer ma propre pétition sur le Site de Pétitions Citoyennes d’Avaaz — elle s’intitule « Étudiants en fin de droit de sécurité sociale: Appel à témoignage sur la non récupération de la carte vitale après la fac ».

Cette cause me tient vraiment à cœur et je pense qu’ensemble, nous pouvons agir pour la défendre. Mon objectif est de recueillir 200 signatures et j’ai besoin de votre aide pour y parvenir.

Pour en savoir plus et signer la pétition, cliquez ici:
http://www.avaaz.org/fr/petition/Etudiants_en_fin_de_droit_de_securite_sociale_Appel_a_temoignage_sur_la_non_recupeation_de_la_carte_vitale_apres_la_fac//?launch

Veuillez prendre un instant pour m’aider: faites passer le mot — de telles campagnes démarrent toujours timidement, mais prennent de l’ampleur lorsque des gens comme vous s’impliquent!

Des articles sont déjà parus dans la presse et d’autres vont sortir prochainement

Et toujours sur le site :https://pourmathiasunecarteetaitvitale.com/
ou la page facebook : Pour Mathias une carte était vitale

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ARTICLE PARU SUR CONTREPOINTS

http://www.contrepoints.org/2014/06/19/169335-mathias-picard-27-ans-est-il-mort-dun-dysfonctionnement-administratif

Mathias Picard, 27 ans, est-il mort d’un dysfonctionnement administratif ?

Publié le 19 juin 2014 dans Santé, Social

Entretien avec Véronique Picard, mère de Mathias, 27 ans, mort en février 2014 après une série de défaillances administratives

Mathias Picard, 27 ans, est décédé dans la nuit du dimanche au lundi 17 février 2014. Insulinodépendant depuis l’âge de quatre ans et demi, le jeune homme était surveillé de près par une équipe médicale. Il suivait un traitement régulier, qui comprenait des prises d’insuline ainsi qu’un suivi global tous les ans à l’hôpital afin de surveiller l’état de ses organes. Comme le prévoit le système français, Mathias Picard était pris en charge à 100 % par la sécurité sociale. Pourtant, à partir du jour où il a cessé d’être étudiant, il s’est retrouvé au cœur d’un imbroglio administratif qui l’a conduit à ne plus posséder de carte vitale à jour.

Une situation qui peut apparaître banale mais qui a eu dans ce cas précis des conséquences tragiques. Sa mère, Véronique Picard, nous explique l’invraisemblable suite de dysfonctionnements administratifs, dont l’enquête menée par le défenseur des droits montrera dans quelle mesure ceux-ci sont responsables de la mort du jeune homme.

Entretien mené par PLG, pour Contrepoints.

Note aux lecteurs : dans l’entretien qui suit, un certain nombre de détails concernant le lieu précis et les noms sont volontairement omis pour ne pas interférer avec l’enquête en cours.

Mathias...

Mathias…

Madame Picard, pouvez-vous nous expliquer comment et pourquoi ont commencé les difficultés administratives de votre fils concernant sa sécurité sociale ?

Jusqu’à ses 27 ans, Mathias a d’abord passé du temps au Danemark, puis il est rentré en France pour intégrer l’Université. Pour la dernière année d’étude qu’il a suivie, il s’était installé dans le nord de la France. Il a arrêté l’Université en août 2012. C’est alors que les problèmes ont commencé. En attendant de trouver du travail, il s’est inscrit à pôle emploi. Logiquement, ses droits de sécurité sociale auraient dû être mis à jour, pour prendre en compte sa nouvelle situation. Mais ce qui n’aurait dû prendre que quelques semaines a duré plus d’un an, sa sécurité sociale s’est arrêtée fin janvier 2013, durée pendant laquelle il n’a pu bénéficier du suivi que nécessitait absolument sa maladie.

Dans l’article que vous avez consacré à son histoire, vous expliquez que ce qui a compliqué la situation est son travail à la mairie de Paris…

En effet, pendant ses études Mathias a travaillé deux fois trois mois pour la Mairie de Paris. Il faut savoir qu’il existe un très grand nombre de caisses d’assurances différentes. La Mairie de Paris a son propre régime, très spécifique. Aux yeux de l’administration, il était considéré comme salarié du public, alors même que ses missions étaient terminées depuis des mois. C’est pourquoi, malgré son âge et sa situation, Mathias ne pouvait toucher le RSA, ni la CMU, puisque ne bénéficiant plus de la sécurité sociale. Malgré ses multiples relances, les dossiers remplis, les lettres envoyées, etc. , rien à faire, l’administration se montrait incapable de mettre à jour ses droits. Et sans droits, plus de traitement.

Comment est-il parvenu à financer ses doses d’insuline ?

Au départ il s’est fait aider par sa famille. Puis, après de longues démarches, il a enfin pu obtenir les indemnités chômage que  devait verser la mairie de Paris. Ce n’était pas grand-chose mais cela l’a aidé à avancer les frais pour son traitement quotidien. Mais pas de quoi payer son bilan annuel à l’hôpital. J’étais inquiète de cette absence de suivi ; d’autant plus que cette situation était stressante pour mon fils, et cela n’allait pas en s’arrangeant.

Il s’est endormi et ne s’est plus réveillé. Ses nouveaux documents de sécurité sociale sont arrivés deux semaines après.

Mathias s’est rendu dans un centre d’action sociale pour essayer de débloquer la situation. Que s’est-il passé ?

Les personnes qu’il a rencontrées manquaient visiblement de la formation adéquate. Devant son dossier, elles ont tout simplement dit qu’elles ne savaient pas quoi faire. Le statut de la mairie de Paris leur était parfaitement inconnu. Mathias ne rentrait dans aucune de leurs « cases ». Seule consolation, l’assistante sociale a pu former un pass santé, qui lui a permis d’être reçu gratuitement à l’hôpital et suivi par un médecin pour prendre en charge ses doses d’insuline, mais curieusement pas son traitement annuel à l’hôpital, qui était pourtant impératif. À cette date, cela fait pratiquement un an et demi qu’il n’en a pas eu.

Vous expliquez que c’est en se rendant dans le CHU de sa ville que sa situation a enfin pu évoluer. Qu’est-ce qui a permis de débloquer le dossier ?

Constatant que rien n’avançait, que sa situation était désespérément bloquée, Mathias est allé voir ce médecin du CHU une fois par mois, pour avoir une ordonnance d’insuline, laquelle insuline lui était fournie par la pharmacie de l’hôpital, mais il ne pouvait pas se rendre dans une autre pharmacie. C’est en constatant sa glycémie élevée au matin, que le médecin l’a recommandé auprès du diabétologue. Nous sommes en janvier 2014, cela fait pratiquement deux ans qu’il n’a pu effectuer de bilan complet. En attendant de rencontrer le diabétologue, rendez-vous prévu pour le 26 février, mon fils a pu être reçu par une assistante sociale du CHU, beaucoup mieux formée que celles qu’il avait précédemment rencontrées. Elle a mis en contact mon fils avec le responsable de la sécurité sociale locale. Rencontré le 14 février, c’est lui qui a pu enfin débloquer le dossier de mon fils et lui garantir l’obtention prochaine de ses droits, en le prévenant qu’il fallait attendre environ trois semaines pour que sa carte vitale puisse être mise à jour.

Le même jour, Mathias s’est rendu avec son pass santé auprès du médecin du CHU pour que celui-ci puisse lui prescrire de l’insuline. Malheureusement, le médecin était en vacances et aucune solution de recours ne lui a été fournie. Seule possibilité, attendre une semaine avant le retour du médecin, en adaptant son régime alimentaire et en faisant de l’exercice afin de faire tomber son taux de glycémie et ainsi économiser son insuline ; il pensait pouvoir tenir sans problème et aller aux urgences si besoin.

Que s’est-il passé, durant la soirée du 16 février ?

Mathias avait dîné chez ses grands-parents. Il avait pris un repas adapté, un steak et une salade. Il se sentait en pleine forme et est rentré chez lui. Puis des amis l’ont appelé pour qu’il vienne passer la soirée avec eux. À ce moment-là, mon fils ne s’est pas senti bien. Mais comme nous étions en pleine semaine de gastro-entérite, il ne s’est pas inquiété plus que cela. Le dernier coup de fil qu’il a passé était à son ami, pour lui dire qu’il préférait rester chez lui se reposer. Il s’est endormi, et ne s’est plus réveillé.

Deux semaines plus tard, j’ai reçu tous ses nouveaux papiers de sécurité sociale.

A cause d’un autre problème administratif, je n’ai même pas pu voir le corps de mon fils, pendant plus d’une semaine

Après le décès de votre fils, des analyses ont-elles été faites pour savoir précisément ce qui avait entraîné sa mort ?

Oui, mais là encore, j’ai été confrontée à un imbroglio administratif. Le médecin qui a constaté le décès de mon fils a concrètement coché la case « mort naturelle » mais aussi la case « demande d’autopsie ». Or, pour qu’une autopsie soit faite, il faut que la personne ait succombé à une mort violente, ce qui ne correspondait pas à la mort naturelle. Les acteurs se sont alors renvoyé la balle : le médecin disait de voir avec la police, et celle-ci nous renvoyait vers le funérarium qui nous renvoyait à la police. Finalement, la police nous a conseillé d’envoyer une lettre recommandée au procureur. Ce qui, délai de retour compris, aurait pris plusieurs jours. Et dans tout cela, je n’avais toujours pas le droit de voir le corps de Mathias, puisqu’un médecin légiste avait été prévu lors du constat de décès, mais sans l’accord d’inhumer qui doit être délivré par le commissariat, il ne pouvait pas intervenir. Je ne sais pas s’il est possible d’imaginer dans quel état psychologique je me trouvais.

Comment la situation s’est-elle débloquée ?

Il se trouve qu’une de mes cousines, que je n’avais pas vue depuis 30 ans, travaille au sein du tribunal concerné. Six jours après le décès de Mathias, que je n’avais toujours pas eu le droit de voir, elle m’a mis en relation avec le procureur adjoint qui a immédiatement effectué la démarche pour que le permis d’inhumer soit délivré et que des analyses soient menées, il n’y a pas eu d’autopsie. Celles-ci ont révélé la présence d’acétone dans le sang, ce qui est le signe d’un manque d’insuline, mais ils n’ont pas pu doser l’hémoglobine glycosylée, (bilan du taux de sucre sur les 3 derniers mois) en raison du mauvais état de conservation de l’échantillon de sang prélevé, en raison du temps écoulé depuis le décès. Cela ne suffit pas à expliquer la mort de mon fils, mais la piste la plus probable est que l’impossibilité d’effectuer un suivi régulier a empêché de constater que certains de ses organes étaient abîmés. Je n’ai pu voir mon fils qu’après l’intervention du légiste, soit 10 jours après son décès, et donc son enterrement a eu lieu le 6 mars. C’est alors que j’ai commencé à recevoir des témoignages similaires même s’ils n’avaient pas connu de fin tragique, et à comprendre que pour les étudiants sortis de la fac c’était un combat récurrent pour réintégrer la CPAM.

Où en êtes-vous à présent, et quelle suite, éventuellement judiciaire voulez-vous donner à votre histoire ?

Aujourd’hui, quatre mois après le décès de mon fils, le dossier est depuis 3 mois entre les mains du défenseur des droits. Celui-ci me tient informée autant que possible de l’avancée de son enquête (enquête double, puisqu’elle concerne d’une part la responsabilité du CHU et d’autre part sur le sort des étudiants sortant de leur régime d’assurance maladie). L’enquête demande beaucoup de temps, mais le Défenseur des Droits à la Santé a toute ma confiance. Depuis quatre mois, je ressens une profonde culpabilité ; je m’en veux terriblement de ne pas avoir suffisamment insisté auprès de Mathias pour qu’il obtienne d’urgence un rendez-vous à l’hôpital.

Mais je veux dire clairement que ma démarche n’est pas vindicative. Je ne cherche pas de bouc émissaire, ni à mener de chasse aux sorcières. Je veux simplement comprendre, comprendre ce qui est arrivé, comprendre pourquoi un dysfonctionnement récurrent de l’administration a amené à cette tragique conclusion. A ce jour je n’ai entrepris aucune démarche juridique, j’attends les conclusions de l’enquête du Défenseur des Droits à la Santé, mais en fonction des résultats, je souhaite que chacun soit mis face à ses responsabilités. Pour mon fils, c’est trop tard, mais je veux faire connaître mon histoire afin qu’elle ne se reproduise plus.

Contacté par la rédaction, M. Ceretti, défenseur des droits à la santé, a tenu à apporter quelques précisions sur cette affaire :

« Il faut rester très prudent dans la mesure où cette affaire est actuellement en cours d’instruction. Nous sommes en attente d’éléments médicaux et administratifs complémentaires. Pour le moment nous ne sommes pas certains qu’il s’agisse d’un défaut de prise en charge d’un patient, ou d’un dysfonctionnement de la sécurité sociale. En revanche on peut affirmer qu’étant donnée la gravité du cas il est traité de manière prioritaire par nos services.

À la lumière des premiers éléments, il semblerait qu’il y ait deux éléments distincts : d’une part un éventuel problème de traitement par une caisse d’assurance spécifique qui n’aurait pas mis à jour le droit du jeune homme, et d’autre part une absence de prise en charge par l’hôpital où il était traité. Aucune de ces pistes n’est pour l’instant privilégiée, ni encore avérée. Nous n’excluons pas non plus la possibilité que ce garçon ait été mal informé de ses droits.

Normalement, en France, même lorsque vous êtes sans la moindre assurance, même en situation irrégulière etc. vous avez le droit à une prise en charge d’urgence par les hôpitaux. D’après les informations dont je dispose, le jeune homme a été pris en charge par l’hôpital. Bien ou mal, cette question est posée et j’espère obtenir une réponse.

A priori nous devrions avoir tous les éléments nécessaires d’ici la fin du mois de juillet au plus tard. Nous serons alors en mesure de rendre nos conclusions. Soit l’enquête ne relève pas de carence particulière de l’administration et l’affaire s’arrête là en ce qui concerne nos services, soit elle pointe au contraire un certain nombre de dysfonctionnements, et ce sera à la famille de faire le choix d’éventuelles poursuites, en parallèle de nos propres actions. »
Blog créé par Véronique Picard: Appel à témoins : https://pourmathiasunecarteetaitvitale.com/

Adresse mail: pourmathias.appelatemoinvital@outlook.fr
Entretiens menés par PLG, pour Contrepoints

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6 commentaires pour Revue de Presse

  1. lefebvre Marie Noelle dit :

    Madame
    il me semble essentiel de laisser passer un article dans APM; agence de presse medicale
    il est essentiel qu un tel drame ne se reproduise plus .
    .dans quel chu Mathias etait suivi?
    la simplification de ce dédale administratif est une urgence pour tous les patients ..
    Avec toute ma sympathie

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    • pourmathias dit :

      Bonjour madame, je ne peux durant l’enquête menée par le Défenseur des Droits citer le CHU. Et je vais suivre votre conseil en contactant l’APM.
      Merci pour votre soutien, il est temps que les choses changent. Bien à vous Véronique la maman de Mathias

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  2. Aurelie3367 dit :

    Dans quel monde vit-on? Dire que nous sommes en France, un pays « riche »…
    Comment peut-on dire à un diabétique de revenir la semaine suivante pour avoir son insuline???
    Bon courage dans votre combat! Je suis horrifiée par ce que je lis!

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    • pourmathias dit :

      Chère madame, merci pour votre soutien. Malheureusement, vu les centaines de témoignages que j’ai déjà reçus, notre cas n’est pas isolé. D’où mon action qui va s’amplifier afin de faire changer les choses dans l’intérêt de tous et au nom de mon fils. Je tiendrai chacun informé de la suite… Bien à vous Véronique la maman de Mathias

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  3. Halioua dit :

    Bonjour chère madame
    Pourquoi ne passe ouvrir une pétition sur change.org?

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    • pourmathias dit :

      Chère madame, deux pétitions sont ouvertes sur Avaaz. La première concernent les étudiants, la seconde concerne notre associations et la demande d’une carte vitale active en 24 heures. Elles figurent toutes deux en bas de la page d’accueil de notre site. Bien à vous Véronique Picard

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